Pour une fois, voilà un film français destiné aux enfants (sans être un dessin-animé) plutôt sympathique. C'est rare. L'histoire part d'un concept assez original, ce qui est tout aussi rare ; ici, les enfants vont devenir l'âme d'un petit village de l'Ouest en reprenant les affaires de leurs parents, que ceux-ci fussent banquier, maire, épicier, voire péripatéticienne. Le tout sous l'œil pas si amusé que ça d'un Eddy Mitchell soulard qui se demande bien dans quelle galère il s'est fourré... Premier constat : ce film est amusant, il se fend d'un bon nombre de références diverses – en particulier aux Western – plus ou moins évidentes, et plus ou moins faciles ; quelques idées plus fines que les autres viennent renforcer l'ensemble. Second constat : les enfants – puisqu'ils représentent 90% des acteurs – jouent étonnamment bien, j'en ai même été bluffé. Les acteurs japonais pourraient en prendre de la graine, je vous le dis. Leur jeu ne rend absolument pas ce film plus gnangnan qu'il ne l'est déjà à la base, même si obliger des pauvres gamins à prendre des accents chinois ou italiens tend vite vers le ridicule le plus absolu ; mais je dirais que cela apporte une touche d'humour supplémentaire.
Là où le bât blesse, je l'ai dit plus haut : c'est un film français, et il est destiné aux enfants. Donc nous n'évitons pas les sempiternelles morales à deux cents sur la tolérance, le racisme, j'en passe et des meilleures. Faire un long-métrage juste plaisant à regarder ne suffisait apparemment pas au réalisateur, qui a voulu y adjoindre des messages terriblement barbants, car vus et revus au point d'en perdre tout impact, surtout dans les œuvres françaises destinées à la jeunesse. A croire qu'il y a des lois pour imposer ce genre de moralisation dans la culture. Là, c'est d'autant plus énervant que cela se pose souvent comme des cheveux sur les haricots au lard dans le fil de l'intrigue.
A part ça, Big City est un film étrangement attachant, que j'ai pris un plaisir certain à regarder mais qui se retrouve hélas gâché par sa morale redondante.