Sous un titre des plus classiques se cache un véritable bijou.
Presque tout, dans ce film, est une réussite, du casting aux personnages, du montage à la musique, sans oublier la photo et la mise en scène.
Les acteurs et actrices en effet sont tous plus charismatiques les uns que les autres, héros et antagonistes, et pour une fois, mis à part dans une ou deux scènes, le jeu des uns et des autres n'est pas outrancier.
Ils sont parfaitement au service de personnages bien caractérisés. Des hommes ambitieux et des femmes fatales, fortes et fragiles à la fois. L'arc scénaristique de Mayo est particulièrement séduisant : la femme assassin déchue, soumise à son bourreau, passée de beauté froide et mortelle à vulgaire et impuissante. Ikko, elle, est un mélange de colère et d'innocence, ce qui va rendre ses épreuves encore plus tragiques.
Une tragédie, c'est véritablement cela que propose Kuro no Tenshi. Liens de sang, mensonges, vengeance, pouvoir...
Le tout sur une superbe et sombre bande-son de Goro Yasukawa, qui est absolument en phase avec une mise en scène inventive, comme dans cette scène d'une tension extrême entièrement filmée en plan séquence, où l'on comprend peu à peu, avec horreur, qu'il n'y a pour le personnage nulle échappatoire.
Aux superbes plans séquences du film s'ajoute une maîtrise unique du grand angle et un art du hors champ au service du suspense, dont nombre de réalisateurs occidentaux devraient s'inspirer.
En parlant d'inspiration, ce Black Angel en a sans doute été une grande pour Quentin Tarantino, certaines scènes de son Kill Bill semblant de véritables hommages à ce film (au niveau du scénario, de la mise en scène, et même de la musique).
Contrairement à d'autres films de ce genre, le réalisateur tient son sujet du début à la fin, jusqu'à un plan final superbe, à la fois libérateur, rageur et désespéré.