Asuka, délaissée par un groupe d’amis au lycée, se suicide du haut de son établissement. Elle avait la particularité de sourire à chaque situation ce qui irritait profondément sa bande qui couvait en elle des histoires de relations amoureuses non assumées. Aujourd’hui, tous réunis dans leur salle de classe en pleine nuit, une lycéenne portant le masque de rat crée par Asuka, va s’acharner à les tuer.
Réalisé par le fils de Shinji Fukasaku (Battle Royale), l’horreur qui en découle s’adapte à la minceur du budget qui privilégie un lieu commun pour organiser la boucherie en traitant en filigrane l’ingratitude de la jeunesse responsable de ce monstre. La peur collective qui doit suinter les murs de l’école agit moins sur les actes sanglants que sur l’identité réelle de la tueuse en convoquant la culture des spectres prisée au Japon.
Néanmoins, le scénario qui empêtre à tort ses personnages dans une caractérisation de victime, réserve des twists plus ancrés dans la réalité pour justifier ce projet mortuaire et pourvoit à ce masque évocateur de rat au visage lacéré, un mal qui s’extériorise dès qu'une personne le porte.
Toute la tuerie est entrecoupée de flashback sur les liens entre Asuka et la bande afin de donner de l’épaisseur aux personnages qui semblent trop étreints dans une position qui dessert l’histoire. Dans un premier lieu, ils viennent tous au rendez-vous nocturne qui leur parait bizarre mais aucun d’entre eux ne fait l’effort de s’échapper ou bien de la stopper lorsqu’ils en ont l’occasion lors de la présentation des festivités de la tueuse qui ne prononce aucun mot sous son masque. En second lieu, la distance de la bande vis-à-vis d’Asuka ne tient pas debout. La rejette-t-elle parce qu’elle est trop enthousiaste, souriante ou entreprenante ? Assez incompréhensible comme comportement qui n’aide pas à avoir de l’empathie surtout si l’un d’entre eux braille constamment. Par contre, au combat, ils sont étonnement plus vaillants, menant une chorégraphie maitrisée sans doublure qui les sort de leur posture de victime.
Garni de sang factice et d’une explosion d’un scooter mal réalisée, le film n’est pas mal malgré les initiatives prises qui creusent un fossé au lieu de nous rapprocher de ces lycéens qui semblent mériter leur condamnation dans une histoire qui pointe le rejet vécu comme un mal être.