Plusieurs jours pour rédiger cette critique, c'est qu'il fallait la mûrir.
J'ai depuis eu l'occasion de lire les critiques des détracteurs, et cela va me permettre de rebondir dessus pour construire un peu mon argumentaire.
Tout d'abord la polémique à propos de cet oscar non mérité car Nathalie Portman a été doublé sur plus de la moitié des scènes de danses (coupons la poire en deux entre ce que dit sa doublure et son compagnon). Après revisionnage, j'ai remarqué qu'il y a finalement assez peu de plan où elle est vu en pied, et sinon on ne voit que ses pieds, justement. Au dernière nouvelle on ne donne pas un oscar à une paire de gambette, mais à un ensemble qui est communément appelé "le jeu". Alors peut être que les producteurs on vendu le film en mettant en avant le fait qu'elle dansait. Et bien je leur donne raison, car pour moi l'illusion fonctionne. C'est une danseuse pour le spectateur lambda. Peut-être que pour l'œil averti les fautes sautent aux yeux, mais moi j'ai vu une danseuse. Pas seulement dans la technique mais dans la vie, la manière qu'elle a de se déplacer en civil, tout.
Ensuite on reproche à Aronofsky d'avoir eu la main lourde. De ne pas avoir su gérer la subtilité de la question sexuelle, d'avoir mis des miroir à la pelle, qu'il avait utilisé des poncifs pour exprimer la schizophrénie. Tout d'abord en ce qui concerne la sexualité, j'ai trouvé qu'on était loin du vulgaire. Et que je n'ai personnellement pas eu l'impression que Nathalie Portman a été jeté en pâture à nos yeux lubriques. La naïveté des scène préfigure tout à fait le changement et les essais de Nina de jouer dans la cours des grands, sans en avoir encore l'envergure, même si elle en a les capacités.
Ensuite, le jeu des miroirs. Selon moi il faut bien insister sur deux points. Les miroirs ne sont plus une métaphore employé par un réalisateur, mais presque un message commun pour décrire la folie. Tout comme le baiser est un code visuel pour décrie l'amour. Nous ne connaissons pas tous (heureusement) le sentiment de folie, il faut donc bien un message clair le décrivant à défaut de pouvoir l'appréhender universellement.
Ensuite je persiste à penser que ce film n'ai pas comme j'ai pu beaucoup le lire, un film sur la schizophrénie (surtout que le terme est souvent utilisé à mauvais escient). C'est un film sur l'identité.
Nina n'est pas "schizophrène", elle pousse sa crise identitaire jusqu'à la folie. Elle ne sait pas qui elle est, et comble de tout on lui demande d'être deux personne. Elle va certes puiser ces deux personnes en elle, mais au péril de son propre soi qui n'en survivra pas. Le fait de voir l'autre partout n'est pas un signe de dédoublement de la personnalité mais une réaction (ou une peur) de mimétisme. Une appropriation de l'autre par défaut d'un soi. Et ce n'est évidemment pas anodin que l'outil qui entrainera sa mort soit un miroir. L'objet qui finalement la reflète vraiment et lui imposera par la violence à se trouver elle même, et à atteindre la perfection.
Ce qui parachève cette œuvre et que finalement elle nous surprend par la logique de sa fin. Tandis qu'on nous sert depuis trop longtemps des twists finaux maintes et maintes fois revus (depuis Fight Club ou Abre Los Ojos, peu de fin traitant de ce genre de thématique ont su être originales), ici Aronofsky nous fait passez par ces doutes, celui de la personnalité imaginaire, du rêve et bien d'autre pour finalement nous rendre compte que nous savions depuis le début comment ca allait finir.
Et permettre au spectateur se rendre compte qu'il s'est dupé lui-même est un acte de génie.