Un (petit) Polanski qui vaut le coup d'être vu.
Si Carnage diffère légèrement des autres longs-métrages de Polanski dans son style de réalisation, on retrouve néanmoins tous les thèmes chéris par le réalisateur franco-polonais: enfermement, paranoïa, schizophrénie, le tout plongé dans une critique acerbe de la société consumériste.
Monté exactement comme une pièce de théâtre, ce huit-clos de 1h15 nous entraine dans une situation de la vie quotidienne qui tourne vite au vinaigre, les protagonistes perdant peu à peu leur sang froid pour laisser se déchainer leurs angoisses et sentiments refoulés. Les répliques, percutantes, sont lancées de plus en plus frénétiquement par quatre acteurs aussi talentueux que convaincants. Mention spéciale à Christoph Waltz, que l'on retrouve ici sous un visage qu'on ne lui connaissait pas encore, lui que l'on avait découvert avec grande surprise dans son rôle de colonel nazi sans pitié dans Inglorious Basterds de Tarantino.
Au fur et à mesure que l'intrigue du film se met en place, la tension est de plus en plus palpable. L'alcool aidant, les protagonistes finissent par faire tomber le voile de l'hypocrisie pour, enfin, montrer leur vrai visage. C'est en ça que Carnage tente de nous démontrer que tout être humain renferme un double maléfique, qu'il tente de cacher pour rentrer dans le moule d'une société qui impose des règles de "savoir-vivre". La scène finale nous prouve que les enfants peuvent être bien plus responsables que les adultes, qui ne sont même pas capables de résoudre leurs problèmes simplement.
En bref
Si Carnage ne se classera certainement pas parmi les films les plus marquants de Polanski, on jubile cependant devant cette pièce de théâtre dont les rôles - de vrais clichés - sont parfaitement interprétés par des acteurs au jeu irréprochable.