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Je n'avais jamais vu Carrie, pour tout dire il me manque énormément de films adaptés des bouquins de Stephen King. Je crois avoir vu It, The Shining, Les Évadés, La Ligne Verte et Doctor Sleep, ce qui fait pas beaucoup même si d'aucuns me diront que ça peut suffire.


En tous cas, une bien bonne découverte que ce Cassie.


Servi par une mise en scène et une atmosphère réussi, le film est parvenu à faire switcher efficacement mes émotions, passant du rire (parfois p'tet involontaire), au malaise ou au suspens. La mère est terrifiante, plus encore que Carrie finalement.


Comme j'ignore également tout de l’œuvre écrite de King, je vais me contenter de parler de ce que j'ai compris ou interprété du film, et on ne peut pas dire que le film lésine sur le symbolisme et les parallèles, driftant avec aisance sur les terres de la religion, de l'adolescence, de la sexualité, de l'émancipation, et je vais m'arrêter là pour l'essentiel.


Le seul "gros" point noir que je reprocherais au film, c'est de ne pas avoir accordé davantage de temps à Susan, et peut-être plus généralement aux conséquences de la vengeance de Carrie, mais l'histoire reste globalement bien ficelée pour devenir ce concentré de tension, d'attendrissement, d'attente et de jubilation.


Visuellement on a droit à quelques plans de toute bÔté, la musique n'est pas en reste, quelques moments qui peuvent avoir vieilli mais rien de bien méchant.


Le film ne demeure cependant pas dénué d'autres tares ni de clichés, mais je vais me contenter du début : si le film démarre fort avec la scène de bullying de Carrie, De Palma nous sort malgré tout juste avant une scène,


avec des lycéennes se baladant toutes à poil, tout droit sortie d'un film érotique, ainsi que deux trois plans un poil trop près du bas des corps pendant la scène de sport


Si je comprends le besoin de confronter ces filles très ouvertes quant à leur corps, leur sexualité et pourquoi s'en servir, au caractère renfermé, craintif et prude de Carrie, je pense que ça n'était pas indispensable qu'on nous montre toutes ces "ados" nues en mode frontal pour dresser un parallèle édifiant entre ces dernières et Carrie.


Reste qu'au delà de cet élément-là, ben les parallèles et le forshadowing sont bien réalisés, mais pareil je vais me concentrer sur quelques uns d'entre eux seulement.


Pour un parallèle, le plus évident est celui du sang qui "salit" Carrie : le sien d'abord au tout début du film ce qui déclenchera la suite des évènements, avec le sang de cochons qui provoquera le bain de sang final, mais plus "subtilement" la façon dont une jeune adolescente qui franchit un palier de sa vie apprend à ne plus se faire marcher dessus par qui que ce soit, bien que cela soit provoqué/aidé par quelque mystérieux pouvoirs.


Avec une construction narrative bien huilée pour mener le spectateur à son climax, le film n'en oublie pas de lâcher çà et là des éléments pour annoncer certains (tous ? je n'ai pas tant fait gaffe que ça) évènements ultérieurs, notamment la statuette de Jésus plantée de multiples clous fourguée dans la pièce dans laquelle est enfermée Carrie qui annonce


le destin funeste de la mère,


ou encore


la croix formée par le X à coté du prénom Tommy sur un bon gros éclairage rouge qui pour moi m'a paru être un indice de son très futur sort


.


Les bullies sont de sacrées pestes, dépeintes comme étant énormément manipulatrices, violentes, mais les mecs de ces dernières ne sont pas en reste, déconnectés, en mode "bros" clichés, rudes, cons, dirigés par une seule envie en plus de celle de faire les 400 coups -de c*nnard- avec les potes.


Seuls trois personnages sont au fond bons dans ce film : Susan -moins au début l'on s'entend-, Tommy, et la prof d'éducation physique. Hélas, le sort ne les épargnera pas pour autant,


à l'exception près que Susan au moins est à priori encore vivante,


même si le fardeau de son propre mal finira manifestement par avoir raison de sa santé mentale et ce malgré sa tentative de rédemption.


Je n'oublie pas de mentionner pour finir la sexualité abordée par le film, pas spécifiquement montrée à tout va, en me contenter des deux plus importantes démonstrations selon moi, à savoir le tout début avec Carrie et la toute fin avec l'extase de la mère avant de mourir.


Bref, un très bon film qui ne démérite pas les éloges qui avaient été faites à son égard lors de sa sortie et depuis lors, et dont les quelques zones d'ombres ne suffiront pas à me faire dire le contraire.

Chernobill
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le 8 nov. 2020

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Chernobill

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