Le premier film de Salvadori n’a pas déplacé les foules, et pourtant, ce petit récit loufoque et sans prétention réunissait le trio improbable Marie Trintignant-Jean Rochefort-Guillaume Depardieu. Les 15 premières minutes mériteraient à elles-seules d’entrer au panthéon du cinéma. On y découvre la vie de Victor Ménard (Jean Rochefort, forcément impavide et magnifique), simple Professional Killer, traversant la vie en l’ôtant, muré dans sa solitude, entreprenant d’apprendre l’anglais sur cassette Assimil , dézinguant avec flegme et légèreté. Jusqu’au moment où il est surpris en plein "travail" par un jeune coursier un peu paumé, jeune chiot en quête d’une épaule paternelle, le désarmant Guillaume Depardieu. Ressentant la nécessité de passer le relai, de devenir mentor, Le tueur propose une formation complète de tueur au jeune homme : "la carte orange 2 zone vous sera fournie". C’est alors qu’un nouveau contrat tombe : l’élimination d’une belle voleuse…
Jouissif! c’est ainsi que l’on peut décrire ce petit condensé d’humour noir décalé et absurde. Des scènes d’anthologie (le braquage du perroquet!) relèvent le jeu désopilant des trois comédiens sans toutefois faire totalement passer une fin un peu moins alerte, un certain embourbement de l’intrigue et des personnages.
J'ai bien envie de le revoir, à présent qu'il n'y a plus aucun survivant de ce magnifique trio d'acteurs…