Cartographie d'un chef-d'oeuvre...
Cloud Atlas... Je me souviens de la première fois où je vis ce film, n'en connaissant que ce que sa bande-annonce énigmatique laissait percevoir. Deux heures quarante-cinq plus tard, je sortais de la salle de ciné comme giflée par un tourbillon d'images, de couleurs et de sensations que je n'avais jusqu'alors jamais ressenti devant aucun film.
Par où commencer ? Cloud Atlas est l'adaptation du best-seller de David Mitchell publié en France sous le titre "Cartographie des nuages" (ou "Cloud Atlas"). Un livre que je n'ai lu qu'après la découverte de ce film. Si je l'avais dévoré auparavant, je n'aurais jamais cru possible son adaptation. Une adaptation confiée aux frère et sœur Wachowski (dont on connait le goût du spectaculaire et de l'innovation à travers Matrix ou le sublime V pour Vendetta) ainsi qu'à Tom Tykwer (que j'ai personnellement découvert avec enthousiasme devant Le Parfum : Histoire d'un meurtrier, autre adaptation réussie d'un livre qui fait froid dans le dos). Ajoutez à cela un casting exceptionnel (Jim Broadbent et Ben Whishaw en tête, sans oublier Tom Hanks et tous les autres) et une bande-originale onirique et vous obtiendrez un cocktail admirable.
Quant à l'histoire.
Comment illustrer quelque chose d'indescriptible, c'est tout l'enjeu de ce film. Cloud Atlas suit plus ou moins la trame du livre, bien qu'il en modifie la chronologie de la narration. Nous sommes plongés dans la vie de six héros dispersés dans le temps, séparés par cinq époques allant du XVIIe siècle à un lointain futur post-apocalyptique. Sans trop dévoiler l'intrigue, le film (comme le livre) est la définition même de l'effet papillon, ou comment la moindre action, même bénigne, peut engendrer des conséquences immenses comme une révolution. Et bien sûr, comment les personnages se croisent et se retrouvent au fil des époques dans une sorte de perpétuel recommencement.
Chaque époque possède sa propre vie, son caractère qui lui est propre. Aucune ne se ressemble et c'est ce qui perd le spectateur dès les cinq premières minutes. Bien entendu, le film a ses défauts mais il parvient d'une manière honorable à nous faire vivre les siècles au travers des images. Si je devais mettre un bémol : toute la partie sur la Corpocratie de 2144, où l'on suit l'histoire de Somni-451, n'est malheureusement pas aussi poussée que dans le livre bien qu'elle reste tout à fait respectable et qu'elle m'ait fait pousser mon lot de cris d'horreur (pour rappel : je n'avais pas encore lu le livre à l'époque).
Toutes ses aventures que nous suivons se mélangent et s'entrecroisent dans une fresque magnifique pleine d'émotions. Cloud Atlas est pour moi un véritable chef-d'oeuvre et malgré une promotion désastreuse (sortie du film étalée sur plusieurs mois au niveau mondial), j'ai l'idée qu'il restera pour les cinéphiles un film culte, qui peut se targuer d'explorer de nouvelles pistes, d'innover en somme.
Ce film restera pour moi mon plus beau souvenir cinéma. Je prends plaisir chaque fois à le revoir et le décortiquer et il me tient toujours autant en haleine jusqu'à son générique qui apporte lui aussi son quota de retournements de situation pour ceux qui seront le moins attentifs.
En une phrase : j'aime Cloud Atlas. Le film, comme le livre, est devenu mon classique de référence dans bien des domaines (science-fiction, blockbuster, philosophie, aventure...). Une vraie claque.
Tout, absolument tout, est lié.