Caca
Même pour un film à voir en avion, Coco insupporte tellement il représente le Gad Elmaleh qu'on déteste : satisfait de lui-même, de ses blagues et de t'as vu, je sais chanter en faisant de la guitare...
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le 6 mai 2010
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Coco est un entrepreneur qui a fait fortune en inventant l'eau frétillante,compromis entre l'eau plate et l'eau gazeuse.Mégalo délirant et excité,il n'aime rien tant qu'étaler son fric publiquement et il s'apprête à louer le Stade de France pour y fêter la bar-mitzvah de son fils quand il apprend qu'il souffre d'un grave problème cardiaque.Six ans après le "Chouchou" de Merzak Allouache,Gad Elmaleh transfère à nouveau sur grand écran un des personnages qui ont fait le succès de ses one-man-shows.Mais si,comme sur "Chouchou",il est à nouveau coscénariste et acteur principal,il en profite pour coiffer pour la première fois la casquette de réalisateur."Coco",gros échec critique,s'est méchamment fait dézinguer de toute part,un peu injustement cependant.Certes,c'est incontestablement mauvais mais c'est quand même plein de répliques hilarantes,de personnages complètement fracassés et de gags très drôles.Malheureusement il n'y a que ça car Gad s'est contenté de proposer un collage de sketches d'une valeur inégale,certaines plaisanteries n'étant ni très neuves ni franchement désopilantes.La réalisation est plate,niveau téléfilm,et on ne sent pas chez l'auteur la patte d'un cinéaste.Il gère assez mal l'espace,les cadrages, les distances et les déplacements des comédiens,mal chorégraphiés,tandis que le rythme est sur courant alternatif parce que perturbé par des plages d'émotion peu convaincantes qui tentent maladroitement d'expliquer la psyché perturbée du héros et ses rapports difficiles avec ses proches.Son comportement est le résultat d'une surcompensation relativement à une jeunesse pauvre,le syndrome du nouveau riche tout simplement,et sa soif de paraître et d'en mettre plein la vue à tout le monde l'amène à négliger l'essentiel,à savoir sa famille.Le problème est que tout ça est traité bêtement et sans relief,notamment à cause d'un scénario défaillant.On ne peut même pas dire que le script soit mauvais,le truc c'est qu'il n'y en a tout bonnement pas.Elmaleh relie à l'arrache des séquences parfois drôles,parfois navrantes,sans trouver une quelconque homogénéité à son récit erratique qui se contente d'enfiler les blagues.Des pistes narratives surgissent ça et là pour être rapidement abandonnées sans autre forme de procès et l'histoire baigne dans un bâclage éhonté.Les relations avec le concurrent ennemi juré ne sont ni décrites correctement ni approfondies,la soirée au Stade de France est purement escamotée,faute sans doute d'avoir eu les moyens de réellement privatiser l'endroit,les ennuis de santé de Coco seront évacués négligemment,la fin survient abruptement comme on si on n'avait plus de pellicule et tout est à l'avenant.De plus,le personnage principal,qui court partout tel l'homme pressé de Paul Morand autrefois incarné par Delon,prend toute la place et condamne les autres protagonistes à la portion congrue comme si Gad avait oublié qu'il n'était plus dans un seul sur scène.C'est dommage car beaucoup d'intervenants sont intéressants de par leur potentiel humoristique,la plupart d'entre eux étant sévèrement allumés.D'autre part on peut noter que si la communauté juive se plaint souvent d'être caricaturée et réduite à l'obsession de l'argent,au parler braillard et à la frime bling bling,elle n'est pas la dernière à colporter ces clichés comme en témoigne le traitement infligé ici aux personnages.Quelques bons mots pour la route,en espérant qu'ils soient vraiment dus à Gad,ce dont on peut désormais douter:"vous inquiétez pas,il pleuvra pas,on a des relations" ou "et qu'est-ce qu'elle fait la Mer Rouge,quand elle se retrouve face à une personnalité?".On se souviendra aussi de la "fériérisation" des jours ouvrables ou des séances de motivation hilarantes du cousin qui dirige une société d'évènementiel devant son personnel moyennement concerné.Pour ce qui est des acteurs,ils sont heureusement très bons en dépit de leur faible utilisation.Elmaleh tient parfaitement un Coco qu'il connait par coeur,et il s'est entouré de certains complices qui,comme lui,ont participé à un ou plusieurs films de la trilogie "La vérité si je mens!",à savoir Enrico Macias,Gladys Cohen,Isaac Sharry et Daniel Cohen.Sinon Pascale Arbillot, Manu Payet,Jean Benguigui,Ary Abittan,Noémie Lvovsky,Gérard Depardieu,Jacques Spiesser et Charlotte Desgeorges effectuent en fonction de leur variable temps de présence à l'image de savoureuses prestations.
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le 11 avr. 2021
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