Le film contient beaucoup de détails gênants car non conformes à la réalité. Voici deux exemples : Paul Heon, secrétaire de Willy, est interprété par un acteur noir ; le pilonnage de "Claudine en ménage" devient un autodafé totalement irréaliste [1h01]. Le pilonnage consiste à broyer un livre et à le recycler sous forme de pâte à papier.
Bien qu’il cède à la mode transgenre, qui entraîne des confusions notamment chez les adolescents vulnérables au prosélytisme des adultes, le film dresse un portrait plus nuancé du couple Willy et Colette que la caricature de féministe habituelle.
Le plus intéressant tient au fait que, dès son premier roman, Colette a construit sa vie publique sur la révélation de détails de sa vie privée. Ainsi, aujourd’hui tout le monde connaît la vie sexuelle de cette mondaine, mais presque plus personne ne lit ses romans. Ses articles, parus pour l’essentiel dans "Le Matin", valent le détour notamment le recueil intitulé "L'envers du music-hall".
Les amateurs de détails filmiques remarqueront les aisselles non épilées de Keira Knightley [1h15].
Lire :
• François CARADEC, Feu Willy avec et sans Colette, 1984 [Compte-rendu : Littératures].
• COLETTE, Contes des mille et un matins (1911-1914) [Partage en ligne].
• COLETTE, L'envers du music-hall, 1913 [Partage en ligne].
• COLETTE, Les heures longues (1914-1917) [Partage en ligne].