Non-lieu commun.
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L'Amérique reste un beau sujet, un sujet que le cinéma n'a toujours pas épuisé, après toutes ces années de westerns ou de thrillers, plus ou moins réussis, interrogeant à travers les codes du genre les "racines du mal". "Comancheria", en prenant tout son temps pour peindre à petites touches le désespoir profond d'une Amérique ruinée par la crise des subprimes, aux mains des banques qui se livrent à un nouveau pillage en règle (ici mis audacieusement en parallèle avec l'expropriation des terres indiennes par les blancs... pourquoi pas ?), touche juste : en plein coeur. Mais la grande habileté de David MacKenzie, c'est de jouer en toute sincérité l'empathie avec "les deux côtés" - truands et marshalls sont aussi émouvants les uns que les autres, et le film ne nous sommes jamais de choisir notre bord... Jusqu'à la dernière ligne droite du film quand une balle bien placée met fin à nos illusions : "Comancheria" n'était pas (que) une sympathique comédie "sociale" recyclant les clichés habituels sur l'Amérique profonde (sexisme, racisme, bibine et big guns...), et la tragédie s'est invitée sans crier gare. On ne sort donc pas de la mouise, de la crise, sans verser de sang, sans courir le risque de voir son âme devenir "noire". La conclusion du film, intelligemment suspendue mais implacablement pessimiste, achève de classer "Comancheria" dans les grands films, politiques ou non... Sinon, on peut célébrer la perfection de la mise en scène, de la photographie, de la direction d'acteurs (Ben Foster est particulièrement éblouissant), de la musique (Cave et Ellis ont encore frappé !), mais ce n'est guère nécessaire par rapport à la pertinence et la force du sujet de "Comancheria". [Critique écrite en 2017]
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le 9 févr. 2017
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