Seven Sisters ayant remis en avant Tommy Wirkola, ce réalisateur venu de la Norvège, il était temps de découvrir la série de films d'horreur qui l'avait fait connaître, en deux films dont une suite meilleure que l'original (si si !). En réalité, je m'étais persuadé d'avoir déjà vu Dead Snow, avant de me rendre compte lors du visionnage que je confondais avec 30 jours de nuit. Tous deux partagent des méchantes créatures et de la neige, pour ma défense. Mais Dead Snow préfère les zombies. Des zombies nazis.
Attention, suivez bien, l’histoire est compliquée. Des vacances au ski entre amis dégénèrent quand ils se rendent que des charmants nazis avaient déjà réservé les lieux depuis 60 ans. Fin du pitch, merci de votre attention.
Dead Snow est un bon élève, celui qui veut prouver qu’il n’est pas un imposteur. Il tient trop à faire honneur à ses influences, parmi lesquelles Evil Dead qui est érigée en exemple à suivre, en reprenant les clichés habituels sans en apporter un autre angle. Ils sont jeunes, avec peu de personnalité, ils sont isolés dans une habitation. Un vieil homme un peu dérangé va les prévenir d'une vieille légende qu'il faut, évidemment, prendre au sérieux. Le paysage enneigé permet de changer le cadre, mais la nuit, de toute façon, tous les nazis sont gris.
Et puis franchement, les nazis zombis, au secours, on en a déjà bouffé plein. C’est le cliché sur le cliché.
Et puis, une fois la confrontation inévitable arrivée, le moment où les survivants se rendent compte qu'il y a de vilains nazis dehors, le film prend une nouvelle tournure, plus violente mais aussi plus décérébrée et en même temps plus imaginative. Il s'agit de survivre, voire de contre-attaquer, avec une hargne qui manquait précédemment. Une fois encore, Evil Dead n'est pas loin dans sa violence débridée, mais c'est là où le film prend de la personnalité, quand les étendues de neige ne se couvrent pas que du seul sang de nos pauvres skieurs du dimanche.
Alors que Norwegian Ninja avait su se démarquer de ses influences, Død snø apparaît trop influencé par les maîtres du genre. Il peine à se construire une ambiance horrifique, mais se dévoile dans l'explosion de violence qui en suit. Une œuvre de jeunesse, qui marche dans les traces de ses aînés, à qui il manquait un peu plus de caractère pour se démarquer. Le film offre ses meilleurs moment dans la deuxième moitié du film, de quoi repartir avec de meilleurs sentiments une fois le visionnage achevé.
En soi, ce ne serait déjà pas si pas mal. Mais le DVD du film contient un journal de bord du tournage qu'il ne faut pas manquer. D'une longueur comparable au film, ce reportage est très intéressant car il ne se concentre pas sur le réalisateur, les acteurs et encore moins sur le discours promotionnel très calibré et habituellement présent. Il suit l'équipe technique, dans ses préparatifs, parfois les plus simples et ennuyeux, et ne laisse rien échapper des difficultés rencontrées par le film, que ce soit la grogne à cause des conditions de travail ou la question des prétentions salariales. Il s'agit du quotidien des petites mains sur le tournage, et ce reportage infiltré mais approuvé est suffisamment intéressant pour être vu indépendamment du film. Un excellent documentaire sur le cinéma et ceux qui le font, les équipes techniques qu’on ne voit jamais, une belle bouffée d'air frais face à ces making-of qui se ressemblent tous,