Les comédies romantiques sont en général niaises ou/et très attendues. Der Sandmann est un long métrage suisse-allemand, qui n’est ni niais, ni attendu. Il s’agit de la rencontre entre un marchand de sable et de la tenancière d’un bistrot de quartier. Comment vont-ils s’aimer, comment vont-ils se détester? Ce sont les lignes générales de ce long métrage aussi sympathique que poétique.
La bonne idée de Der Sandmann, c’est d’avoir inclus un aspect fantastique à un genre qui manque cruellement de fantaisie. Dans le concept, le film n’est pas sans rappeler la comédie-romantico-fantasique « La Science des Rêves » de Gondry. Sauf qu’ici, le budget est ridicule, rendant le film d’autant plus sympathique. Pas d’effets spéciaux, pas de fioritures ou quelconque effet de style, et pourtant ça marche! Ici, tout ce qu’on trouvera, c’est du sable, du sable, et encore du sable.
Bono (Fabian Krüger), ce marchand de sable malgré lui, découvrira au fil de l’histoire que du sable s’échappe de lui. Il y a d’ailleurs une petite scène très réussie où il confie à son psychiatre; « ce n’est pas une métaphore, je perds réellement du sable ». Le film est également rempli d’humour. Un peu inégal à ce niveau là, mais dans l’ensemble Der Sandmann a son lot de situations cocasses et rocambolesques, qui ajoutent indéniablement du charme à ce scénario bien ficelé et surtout original.
Bono habite donc au dessus d’un café dont la tenancière n’est autre que Sandra (Irene Brügger). Habitué du café de quartier, Bono déteste pourtant cette dernière. Il aime la tranquillité, le calme, l’opéra et la lecture. Or ce dernier est dérangé, parfois même réveillé, tous les soirs par sa voisine, qui à la tombée de la nuit se mue en une cantatrice d’un genre particulier. Souhaitant percer dans la musique, elle s’entraine tous les soirs dans son café, au grand malheur de Bono qui n’hésite pas à la rabaisser. Entre amour et haine il n’y a souvent qu’un pas, un point de départ idéal pour cette fable romantique. Cette histoire d’amour se dévoile petit à petit, au cœur d’un scénario qui nous ballade sans jamais savoir comment la suite va s’aiguiller. Et c’est justement là que réside la véritable force du film.
Le film a remporté de nombreux prix lors de festivals internationaux et on comprend aisément pourquoi. Le cinéma Suisse s’exportant très mal, il ne sera pas aisé de visionner ce film dans les salles obscures hors du territoire helvétique. Une session DVD sera donc une option hautement recommandable.