Robert Redford sait filmer la nature, ce n'est un scoop pour personne. Par contre il n'est pas forcément très à l'aise pour ce qui est de mettre en scène des sujets complexes, en revanche il est un formidable conteur d'histoire, et c'est à travers des films comme "Et au milieu coule une Rivière" que son talent s'exprime pleinement.
Il s'agit là d'un long-métrage sur le souvenir, et l'influence de l'enfance sur le cours d'une vie. Tout ramène inlassablement ces deux frères à cette rivière, si bien que cette dernière devient un personnage à part, immortel, une sorte de témoin de leurs existences.
Le film est empreint de beaucoup de poésie, les textes de la voix-off sont d'ailleurs à écouter avec attention, les phrases ont du sens, pourtant à l'instar d'un film comme "The Tree of Life" qui traite un peu du même sujet, il n'y a pas vraiment de symbolisme ici, non pas que l'on soit pour autant dans un cinéma brut. Bien au contraire il y a dans le film beaucoup de moments tendres, l'ensemble est assez conventionnel, mais l'histoire principal, celle de ces deux frères, est suffisamment bien écrite pour maintenir l'attention. Musicalement on a droit de beaux morceaux, ces derniers s'accordent parfaitement aux images et à cette photographie soignée.
Les acteurs apportent également beaucoup, Brad Pitt dans ses premières prestations n'est pas toujours juste, pourtant il délivre là une prestation très sincère. A l'instar de Craig Sheffer, qui n'a malheureusement enchaîné que des nanars par la suite.
" Et au milieu coule une Rivière" est un beau film sur la fraternité, mais aussi la nature et le souvenir, une oeuvre simple et désuète. Un petit baume au coeur qui ne surprend pas forcément mais qui s'avère très juste et sincère.