FRANCOFONIA, le Louvre sous l'occupation (12,4) (Alexandre Sokourov, RUS, 2015, 88min)
Documentaire historique déconcertant traitant du musée du Louvre sous l'occupation allemande à Paris en 1940. Alexandre Sokourov après le magnifique documentaire "L'Arche russe" sur le musée de l'ermitage à Saint-Pétersbourg s'attaque au musée du Louvre avec un sujet passionnant qui malheureusement n'est traiter que par intermittence dans un long-métrage ne cessant de digresser . Le cinéaste commence par nous rappeler que le film est actuel par le biais d'une conversation téléphonique avec un ami qui transporte des œuvres d'art sur un cargo dans une mer déchaînée (ce qui n'est pas bien !), puis parsème le documentaire de balades anachroniques de soldats de la Seconde Guerre mondiale (au milieu des abribus du STIF) et nous convoque notre Marianne et notre Napoléon deux symboles nationaux en chair pour des apartés assez maladroits, sans oublier de filmer Paris avec des drones (s'il vous plaît arrêtez messieurs les cinéastes d'utiliser ces engins je ne trouve ça, ni beau, ni drône!) .Heureusement dans tout ce maelström quand le metteur en scène s'attaque frontalement au sujet et à une vraie réflexion sur la survie de l'art à travers les tempêtes de l'Histoire, la guerre et le pouvoir, à l'aide d'images d'archives, de représentations de tableaux ou de reconstitutions fictionnelles, l'œuvre devient assez intéressante. Il nous met en lumière le destin de deux hommes méconnus que tout semble opposer, Jacques Jaujard, directeur du Louvre, et le Comte Franz Wolff-Metternich, nommé à la tête de la commission allemande pour la protection des œuvres d’art en France, s’alliant tous les deux pour préserver les trésors du Musée. Dommage que le metteur en scène hésite trop sur le fil de son récit, car visuellement il y a quelques fulgurances splendides et sa créativité est manifeste. Un hommage mélancolique et lyrique réaffirmant la place singulière des musées au cœur de la civilisation européenne .Venez visitez "Francofonia, le Louvre sous l'occupation" ! Une ode sophistiquée décousue et ambitieuse...