Si le cinéma avait besoin qu'on lui attribue son Mozart, ça serait sans doute Jean-Luc Godard. Mais si l'on devait lui attribuer son Beethoven, ça serait sans aucun doute Len Lye. Et de loin.
Ce grand cinéaste d'une époque passée (1958 ça ne nous rend pas tout jeune), montre à quel point il possède un grand savoir faire de la manipulation de la matière filmique. Pendant presque 5 minutes, nous voilà plongé dans un univers fantasmagorique, où nous dessinons des êtres dans les gravures de la pellicule comme nous imaginons des moutons dans les nuages.
Le rythme endiablé des sonorités africaines que nous offre la tribu Bargini est d'une jouïssance qui n'a rien à envier à Don Giovanni. Cette maîtrise est formidable, et chaque spectateur qui sort du visionnage de ce film en sortira grandit.
Je dirais même que Free Radicals est le pont qui se dresse au dessus de la falaise de la faiblesse entre l'homme et le surhomme nietzschéen. Oui, j'ose le dire ! Ce film est l'aboutissement de milliers d'années d'évolution et de 70 ans de cinéma. Oeuvre indépassable et qui traversera les siècles par sa maestria, tout ce que nous puissions faire c'est s'incliner devant le génie de Len Lye qui a changé la face du cinéma ainsi que le visage de notre monde.
Une merveille.