Martin Campbell, qui avait redonné vie à James Bond deux fois, que ça soit avec GoldenEye ou Casino Royale, se retrouve affublé d'une bande de scénaristes d'épisodes de New York Police Judiciaire (entre-autres) pour porter un comic-book culte à l'écran. Que certains des trublions aient bossé sur quelques scénarios d'Heroes ne justifiait pas le fait qu'ils soient choisis; monumentale erreur !
Tandis que chez Marvel, certains se creusent un peu le cul pour redorer le blason de ses personnages qui avaient été malmenés dans diverses adaptations, chez DC ils font strictement l'inverse. Nolan a ressuscité Batman et l'a fait voyager dans le 21ème siècle, mais hélas ce pauvre Green Lantern n'aura pas eu le droit au même traitement. Esthétiquement, c'est laid, et niveau CGI purs, c'est raté. Mais où sont passés les 200 millions de dollars qui totalisaient le budget du film ? Ah oui c'est vrai ils sont passés dans les frais de conversion 2D -> 3D super dégueux ainsi que dans l'ajout, au dernier moment, d'éléments inutiles et hors de propos. Au moins Green Lantern et Thor partagent ça en commun, mais c'est tout (quoique y'a les blagues foireuses aussi, mais Green Lantern bat le record).
Que ce premier opus soit une mise en bouche, soit, mais un minimum de tension et de développement narratif aurait pu combler le spectateur, un peu à la manière du premier Spiderman. Mais là non, c'est juste insupportable, notre héros n'a pas de vrais adversaires, sa personnalité est à peine développée, sinon juste le fait qu'au début il a peur, et qu'à la fin il a du courage, et donc n'a plus peur. Bravo, 1h45 pour ça.
Bref, Green Lantern nous rappelle cette époque où certains studios Hollywoodiens n'hésitaient pas à insuffler des budgets colossaux sans s'interroger sur l'aspect cool du film, ni même en lisant le scénario, comme ce fut le cas avec des productions comme Judge Dredd ou Batman & Robin. Green Lantern avait déjà l'air ridicule dans les bandes-annonces et sur toutes les photos qu'on avait pu en voir, mais au lieu de nous surprendre et nous clouer le bec, la Warner n'a fait qu'entériner nos impressions au travers de dialogues idiots, de personnages insignifiants et de situations sans intérêt (et je ne vous parle même pas des scènes d'actions façon cartoons sorties du Fils du Mask, on en reste estomaqué). Tel une épée de Damoclès, Parallax, le grand méchant qui veut détruire la Terre s'en approche peu à peu, mais au bout d'un moment on finit par se demander quand il va débouler, vu qu'il ne reste plus que 10 minutes de bobine, et puis il arrive, fait disparaître quelques badauds terrorisés un peu comme dans La Guerre des Mondes, puis se fait péter la gueule en même pas 30 secondes. Et comme on s'est bien fait chier comme dans Skyline, le réalisateur n'hésite pas, lui aussi, à nous promettre mieux par la suite en nous infligeant la vue d'un cliffhanger aussi gros que con. On a vu le premier, le divertissement était nul, n'attendez donc pas que l'on veuille en voir une suite (d'ailleurs les frères Warner avaient annoncé une suite, mais il y a peu, un représentant a finalement dit le contraire, en raison des chiffres décevants).
Ryan Reynolds, qui ne figurait déjà pas parmi les grandes gueules d'Hollywood, notamment avec les rôles qu'il avait tenu dans Blade Trinity et dans X-Men Origins: Wolverine, avait malgré tout réussi à ressortir un peu la tête de l'eau avec Adventureland, mais cette fois-ci il plonge à un niveau qu'il n'avait encore jamais atteint, repoussant les limites du pathétisme.
Pour conclure, les accrocs à la 3D relief n'auront le droit qu'à peu de scènes utilisant le procédé, particulièrement atroces, et les autres auront quant à eux une envie très prononcée de quitter la salle.
Mention spécial pour le talent qu'a mis en oeuvre DC pour torpiller un de ses super-héros. Continuez comme ça, vous allez vous faire des copains chez les comics-nerds.
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