Je m’en souviens comme si c’était hier : lorsque j’étais ado, je faisais Halloween comme tout le monde. On tapait aux portes des voisins pour leur demander des bonbons. Puis on mangeait tout ce que l’on avait récolté devant des films d’horreur loués quelques heures auparavant au vidéo club du coin. Là, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. C’était en VHS. Et point de teaser trailer vu sur YouTube ou autre pour se faire un avis au préalable, c’était à la jaquette et « au résumé derrière la boîte » (c’est comme ça que j’appelais le synopsis à l’époque) que je choisissais un film. Halloween premier du nom. La citrouille sur un fond noir. Un tueur masqué armé d’un couteau. Le film était on ne peut plus dans le thème. Puis le gros coup de cœur, comme marqué par ce que je venais de voir. Et d’entendre. Le main theme est toujours aussi effrayant à souhait. Comme un rituel, c’est désormais chaque 31 octobre que je regarde ce film, désormais culte à mes yeux. La technologie allant, le Blu-Ray a remplacé la VHS.
Il est important de préciser que Halloween version 2018 n’est pas la suite de Halloween Ressurection mais de Halloween : la nuit des masques sorti en 1978. Bien que Halloween II remplissait déjà ce rôle en commençant là où le premier se terminait, c’est un reboot teinté d’un nouveau départ qui est fait pour la franchise. Et ce n’est pas une mauvaise chose tant la série s’embourbait dans quelque chose d’incohérent avec des prétextes stupides justifiant le retour de Michael Myers.
Halloween (2018) permet de revoir Jamie Lee Curtis dans le rôle de Laurie Strode, la scream queen. Des années plus tard, forcément. Autant dire qu’avoir vu son prédécesseur est vivement recommandé pour éviter d’être largué. La véritable force du film est de parvenir à rendre hommage à celui de 1978 tout en ayant ses particularités. Ces clins d’œil – nombreux – le sont tant dans les thèmes musicaux (avec John Carpenter qui signe de nouveau le main theme) que dans certains plans de caméra. Comme le film de l’époque, c’est un groupe d’adolescents qui est mis en lumière. Sauf qu’ici, suite oblige, c’est la petite-fille de Laurie Strode qui va à l’université. Cela peut être vu comme une flemme intersidérale en donnant l’impression d’être devant une version Remastered du film d’origine mais tout est suffisamment bien fait pour que le film parvienne à avoir sa propre identité. Les nouveaux personnages ne sont pas en retrait face à Jamie Lee Curtis, qui bien qu’elle campe le rôle phare (après Michael Myers), n’intervient pas à chaque scène du film.
C’est peut-être un détail pour vous mais ce qui m’a fait plaisir dans ce film c’est que c’est un slasher dans sa plus simple définition. Un tueur en série, une arme contandante, des victimes. Simple. Basique. Pas d’esprits ou table de ouija pour invoquer une entité qui habitait auparavant dans les lieux où se déroule le film comme la plupart des films horrifiques actuels. Alors oui, il y a des jump scares propres au genre mais le film ne se repose pas sur cela pour tenter de faire peur (coucou La Nonne). Halloween effraie plus par son atmosphère générale que ses sursauts sporadiques.
C’est durant le générique de fin que je me suis dit que je venais de voir une meveille dans son genre. Tout en rendant hommage au film sorti il y a maintenant 40 ans, cette nouvelle suite parvient à insufler un souffle nouveau à une franchise qui en avait bien besoin. Par ailleurs, lors du générique au début du film, un gros plan sur une citrouille qui reprend vie a lieu, en même temps que le main theme retentit. De là à y voir une métaphore quant à la renaissance de la saga, il n’y a qu’un pas que j’ai envie de franchir. Et le succès que rencontre le film aux USA pourrait tendre à me faire penser que je ne fonce pas droit dans le mur. En espérant que, cette fois-ci, l’avenir de la franchise ne parte pas dans n’importe quel sens.