Western mythique n°1…puissant et profond.
Une fresque puissante et profonde, mythique !
En débutant sa trilogie sociale américaine par « il était une fois dans l’Ouest », Sergio Leone fait un coup de maître. Ce film est sûrement LE meilleur western jamais réalisé !
D’abord par son ambiance générale d’où se dégage une vraie force : des décors magnifiques, une photo et une lumière authentiques, des costumes géniaux (ah les longues redingotes brunes crasseuses !). Ensuite parce que cette ambiance est mise en valeur par une réalisation impeccable. Leone sublime chaque plan, en utilisant tous les cadrages que le cinéma offre : des plans sur les paysages infinis, au détail d’un chapeau, aux expressions faciales, aux contre-plongées magnifiques, aux cadrages découpés à la perfection (1/3 visage, 2/3 paysage par exemple)… Un vrai travail d’orfèvre. La réalisation trouve aussi son point d’orgue dans le rythme. C’est vraiment l’Ouest qui en transpire. Point trop d’hystérie, l’action est là où il faut... Point trop de mots, juste des répliques cinglantes et des regards qui tuent… Du début dans la gare (aaaaah !) au duel ultime entre Franck et L’Harmonica, et la révélation finale dans les yeux de Bronson (qui prennent tout l’écran, re-ahhhh !), tout est maîtrisé dans une ambiance sourde dans l’attente de ce final justement.
Et ce n’est pas fini, car cette réalisation géniale est appuyée par une musique inoubliable, celle de Morricone. Une telle adéquation entre musique et image se fait rare ! Comme dans un concerto classique, les thèmes sont joués selon les personnages. Et le mélange des thèmes de Franck et de L’Harmonica dans le duel, est vraiment génial !
Autre point fort, les personnages. De vraies « gueules ». Le point central est la femme (Mme MacBain), plantureuse et magnifique Claudia Cardinale (de noir vêtue, une touche très italienne). Elle est entourée de Cheyenne, le brigand au grand cœur, L’Harmonica, l’énigmatique héros, et Franck, le machiavélique calculateur. Ces trois tronches charismatiques à souhait (le regard de Fonda, la gueule burinée de Bronson) ont une relation particulière avec Mme McBain : Cheyenne la voit comme une mère, L’Harmonica la protège comme une fille, et Franck joue à l’amour vache comme avec une amante. Ces trois hommes convergeront vers un fin inéluctable…Réglée par le chemin de fer.
Car c’est là le dernier point énorme de ce film, c’est qu’au delà du western inoubliable, esthétique et maîtrisé ce trouve une symbolique profonde. Celle de la fin du vrai « Ouest » et des bâtisseurs de l’Amérique comme l’Harmonica. Arrive la « modernité » et avec elle, une nouvelle race d’homme.
Mythique !
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