Infernal Affairs II par cherycok
Grand amateur du premier volet, j'attendais avec impatience cette suite d'un des meilleurs films HK de l'année 2002, qui en fait n'est pas une suite, mais plutôt une préquelle.
En effet, ce deuxième volet commence en 1991, soit environ dix avant avant le premier Infernal Affairs. Ici, Shawn Yu (Just One Look, Diva Ah Hey) reprend le rôle de Tony Leung Chiu Wai et Edison Chen (Twins Effect, Gen Y Cops) celui de Andy Lau et on va voir leur évolution (un peu omme dans le 1) au sein de leur milieu respectif.
Dans ce deuxième volet, Andrew Lau et Alan Mak ont choisi de s'attarder sur les personnages et les relations qui existent entre eux, et ils ont introduit deux nouveaux acteurs : Carina Lau, incarnant la petite amie de Eric Tsang, et Francis Ng jouant le rôle d'un triadeux haut de gamme sans pitié. Mais à trop vouloir inclure des personnes importantes, on finit par se perdre dans ce surplus de personnage et sur tous les liens qu'ils ont les uns avec les autres.
Certes, ils nous montrent une fois de plus l'étendue de leur talent, Anthony Wong, Eric Tsang, Francis Ng, Carina Lau sont exceptionnels et même les petits nouveaux s'en tirent avec les honneurs, mais toutes leurs histoires prennent trop d'ampleur dans le film, laissant que très peu de place aux scènes fortes qui le ponctuent. Ces scènes qui, en temps normal auraient dû avoir un impact important, soit par des révélations, soit pas un rebondissement dans l'histoire, ont un effet amoindri car on a l'impression qu'elles sont vite expédiées pour revenir le plus vite possible à des scènes sur les personnages.
C'est fort dommage car le film comporte des passages assez monstrueux comme par exemple celui où on assiste, bouche bée, à quatre assassinats simultanément grace à des plans séquences successifs sur chacun des meurtres. La mise en scène de cette scène est appuyée par des ralentis bien placés et une musique du plus bel effet. Mais comme je le dis auparavant, on a l'impression qu'elle est un peu abrégée pour reprendre le cours normal du film. La scène est tellement efficace que l'on aurait voulu qu'elle dure plus longtemps.
Mis à part ce défaut plutôt génant, il faut avouer que les deux réalisateurs ont fait du bon boulot. Andrew Lau, si adepte des effets clipesques en général, a su tout doser comme il faut et ne nous a pas mis des effets dans tous les sens comme il nous a habitué avec ses précédents films (du genre le lamentable Avenging Fist et ses plans abracadabrant ou encore le très bon Legend of Speed et son aspect clip techno de 1h30). Certaines scènes, comme celle décrite ci-dessus sont de très bonne facture (malgré leur courte durée) et la BO du même niveau que celle du premier volet, avec des thèmes très proches.
Vous aurez compris que Infernal Affairs 2 n'est pas exempt de défauts mais qu'il reste un bon film à voir pour tous ceux qui comme moi ont aimé le premier car il en reprend les principaux ingrédients. Moi en tout cas, j'attends le troisème volet, qui se passera à la fois avant et après le premier épisode, avec beaucoup d'impatience.