Un duo de choc : Al Pacino contre Robin Williams
Je me suis décidé il y a quelques semaines à me refaire tous les films de Nolan, suite à la déception de son navet-fouillis "Inception" : ayant revu récemment "Le Prestige" (chef-d'oeuvre, dont j'attribuerais par ailleurs la note de 9/10), & "Batman Begins" avec ma copine, je me mets à la première triade cinématographique du réalisateur. Ainsi, je commence aujourd'hui par visionner le polar bien droit & glaçant qu'est "Insomnia (2002)".
Premier bon point : le choix du casting. Al Pacino en flic performant qui perd de ses qualités & de son honnêteté au fur & à mesure que l'insomnie le gagne (enquêter en Alaska l'été, alors que le soleil ne se couche pas, ça ne donne pas sommeil, d'autant plus si on a malencontreusement tué son collègue), Robin Williams en assassin psychorigide & manipulateur (même si son personnage aurait pu être relativement mieux travaillé, on ne sent pas de réelle intelligence dans ses dires, alors qu'il s'agit ici d'une conspiration semblant être érigée par un génie du crime parfait), & un rôle de policière amatrice pour la ravissante Hilary Swank.
Si dans ce cas de figure, seul Al Pacino est convaincant (fidèle à lui-même), Robin Williams se présente dans un rôle qu'on ne lui connaissait pas : la prestation n'est pas à la hauteur, mais reste cependant agréable.
Deuxième bon point : le contexte. L'Alaska & les paysages enneigés, le jour éternel dans une histoire sombre, Al Pacino le nerveux en pleine insomnie hallucinatoire. Tout est excellemment produit, & on sent le coup de patte artistique du Nolan des débuts. Ainsi, même si l'intrigue semble parfois décousue & assez classique pour un polar au casting si original, on reste tout de même scotché durant le déroulement des actions. Pas une minute de répit, & même les scènes les plus creuses ont leur lot de philosophie. La culpabilité, le mensonge, le complot sont trois thèmes chers, & à ce film, & à Nolan.
Troisième bon point : tout le reste. Sauf que je ne pourrai pas attribuer un 8/10 à ce film, car il ne s'agit pas d'une invention de Nolan, mais bel & bien d'un remake d'un film norvégien sorti 5 ans auparavant (ce à quoi je suis fortement opposé, les remakes sont bons à prendre quand une oeuvre périme, & non quand il sort d'un pays en plein essor culturel : c'est en quelque sorte usurper la créativité d'un cinéaste).
Ainsi, j'attribue la note de 6/10 au film de Nolan, même si la globalité mérite plus.