Troisième film du réalisateur Quentin Tarantino, "Jackie Brown" est probablement un des moins connus. Pourtant, il contient toute le style de Tarantino : des références obscures à des films, des chansons ou des célébrités oubliés ou méconnus, des analyses culturelles, des hommages cinéphiles, un choix de musiques exceptionnel, des dialogues à la mitraillette et des acteurs dans le creux de leur carrière.
"Jackie Brown" commence par un générique qui pose d'entrée les codes : une musique funk entraînante, une caméra qui suit Pam Grier et des écritures rappelant les années 70. Nous allons avoir droit à un film qui va rendre hommage aux films de blaxploitation, ce courant cinématographique qui mettait en avant les afro-américains avec des rôles de premier plan.
Ce courant s'est pas mal perdu de nos jours et l'hommage de Tarantino est donc gorgé d'originalité. C'est l'occasion de renouveler un peu le genre du polar. Et pour cela, il a fait appel à Samuel L. Jackson pour incarner un vendeur d'armes calculateur, violent et beau-parleur.
L'acteur est parfait et propose un jeu puissant et drôle en même temps, face à un De Niro à contre-emploi en ex-taulard looser ou à une Pam Grier en plein empowerment.
Niveau casting, il faudra aussi compter sur un Michael Keaton en flic des ATF ou sur un Robert Forster en gentil chargé de caution.
Dynamique et surprenante, l'histoire est à la hauteur des acteurs et ira à plusieurs reprises là où on ne l'attend pas. Elle ne va donc pas prendre le spectateur par la main mais lui donner quelques claques.
Tarantino a donc fait du grand Tarantino avec "Jackie Brown", ce qui est, dans ma bouche, un grand compliment.