Je me suis enfin décidé à voir ce Josey Wales depuis le temps, sachant que j’ai adoré les deux westerns que j’ai vu d’Eastwood jusque-là (Impitoyable et surtout L’Homme des Hautes Plaines). Alors clairement ce Josey Wales n’a pas l’ampleur des deux films précités mais il n’en demeure pas moins un western bien sympathique. Formellement parlant déjà c’est vraiment très agréable grâce à ces décors splendides sublimés par une photographie bien léchée. Et j’aime l’idée du mec qui va traverser des kilomètres (et des années) pour se venger des meurtriers de sa famille. Le synopsis du film de vengeance simple mais efficace. Bon après, tous les films avec ce point de départ n’étaient pas forcément géniaux. Je pense notamment à Death Wish qui s’avérait être un vigilante bien trop mollasson pour convaincre pleinement (sans oublier son côté gentiment réac’ un peu ridicule). Mais Eastwood est suffisamment malin (du moins il l’était davantage à l’époque) pour éviter tout manichéisme primaire et fait aussi preuve de belles qualités de cinéaste.
Après je dirais que l’enchaînement des scènes est un peu mécanique. Ça n’empêche toutefois pas le film d’être entraînant et agréable à suivre malgré une profusion trop importante de personnages secondaires qui viennent couper un peu l’aura du personnage de Wales. Je pense que j’aurais préféré que le film se concentre sur Josey, rendant le personnage plus solitaire, plus désabusé, plus taciturne. Après ça aussi un sens, Eastwood exprimant volontiers sa fibre humaniste dans cette œuvre en présentant cet homme qui aurait pu mille fois abandonner toute humanité mais qui en conserve toutefois quelques bribes qui le font avancer, lui donne d’autres buts. Je trouve juste que le film manque juste un chouïa d’intensité en fin de compte, malgré le côté chasse à l’homme vraiment prenant. Et puis, Clint sait quand même y faire pour rendre son personnage charismatique et nous faire croire en lui et en ses motivations.
Il sait aussi y faire avec la caméra, les scènes d’actions étant globalement de très bonne facture. Et pas que d’ailleurs. Je retiens cette fabuleuse scène où il « vide » ses chargeurs sur un bon salopard, une séquence d’une classe affolante. Globalement le film est de qualité même si il n’atteint pas la force des autres westerns réalisés par Eastwood himself. Josey Wales reste toutefois plutôt cru dans sa violence, notamment dans sa séquence introductive, ce qui fait aussi le sel de ce film. Puis c’est mis en scène avec élégance et ça tient suffisamment en haleine pour emporter mon adhésion. Un bon film tout simplement.