Après "Les Adieux à la Reine", Benoît Jacquot reprend une nouvelle fois Léa Seydoux (son actrice fétiche ?) pour un rôle d'époque et en costumes. Et encore une fois, il filme les dos, enfin le dos de sa comédienne, scrute les coulisses des mœurs des "petits gens" comme une souris sortie de sa tanière. Fidèle adaptation du livre d'Octave Mirbeau paraît-il (je ne l'ai pas lu), Benoît Jacquot nous invite à voir une servante qui a la servilité dans la peau, au service pour le meilleur mais surtout pour le pire de ses maîtres. S'ajoute à cela les thèmes de l’antisémitisme en la personne de l'énigmatique jardinier qui fascine Célestine (Léa Seydoux donc), l'amour ou plutôt le sexe, l'éros mêlé à la mort, le thanatos avec l'exemple le jeune maître "tuberculé".
Malgré ses thèmes forts, la mayonnaise ne prend pas. Le film accuse de nombreuses longueurs, les acteurs qui jouent pourtant tous très bien ne laissent pas passer la pilule. Bien que Benoît Jacquot utilise un superbe clair-obscur, l'atmosphère générale du film est lourde, pesante et ne laisse jamais passer une once d'espoir. Jusqu'à cette fin en pointillé où le réalisateur n'a - à mon sens - pas réussi à finir son film ce qui n'est pas sans rappeler la fin des "Adieux à la reine" qui se termine aussi dans un fiacre. Filiation entre les deux films ? Peut-être que non, simple coïncidence...
Au final, "Journal d'une femme de chambre" vaut pour le jeu de ses acteurs où Léa Seydoux excelle (comme toujours) dans son rôle de servante qui maugre à tout va et offre quelques moments comiques au film véritables pauses dans ce récit. Moyen, moyen donc.