Après 4 (3) films, des apparitions mal amenées dans BvS et une réalisation malheureusement chaotique, Justice League arrive et commence directement par une succession de scènes qui laissent pourtant présager du bon.
Mais allons-y, le méchant est nul et se base encore comme dans Suicide Squad sur une motivation des plus simpliste possible : "Je veux conquérir le monde blablabla", déjà le truc est posé, niveau scénario ça n'ira pas très loin, c'est là le gros problème du DCCU, on essaye de faire quelque chose de sérieux, d'y ajouter des réflexions intéressantes comme la représentation des héros en tant que Dieux, on nous montre des problèmes de société (le SDF dans les scènes d'intro), on nous parle de deuil (Superman, alors que c'est spoilé dès BvS qu'il n'est pas totalement mort) ou encore de la légitimité de Batman à faire partie de ces surhommes, mais tout tombe à l'eau pour des conneries de scénario ou des faiblesses d'écriture qui font téléfilm.
Mais clairement le plus problème c'est les héros, jamais ils ne sont au centre du film, ils sont désincarnés, bancals, pas attachants, en fait ils font de la figuration uniquement dans le but de dire "c'est un film de super-héros". Avec ça le constat est simple, impossible de prétendre à un rassemblement ou à une cohésion logique dans le groupe tant eux-même sont oubliables. Batman ne sert à rien. On aurait pu mettre n'importe quel homme dans sa machine pour prendre sa place que ça n'aurait rien changé, c'était mon principal reproche de BvS, Batman n'est pas le Batman enquêteur, détective de ville sombre, discret qui étudie parfaitement son plan, comme il le dit lui-même, dans le DCCU son unique pouvoir, c'est d'être riche.
Le côté sombre c'était ce qui devait faire la marque de fabrique de DC, mais même là, la cohérence est mise à rude épreuve, si le début présente quelque chose de logique dans la continuité (et nous offre d'ailleurs des plans vraiment très beaux), dès l'arrivé de Flash et de son humour un peu naze tout part en couille, on sent qu'ils essayent d'ajouter de la légèreté mais n'arrivent pas à faire la part des choses. Les mecs de chez DC n'ont pas compris les défauts de leurs films, ce n'est pas le manque d'humour, ce n'est pas la non ressemblance avec Marvel, donc ce n'est pas dans ce sens qu'ils devraient creusés. Les défauts ce sont les scénarios, les personnages et le potentiel sous-exploité qu'ils présentent (bien que la scène du réveil de Superman est franchement bonne, flippante et offre beaucoup niveau thématique), c'est les CGI trop visible, c'est la froideur de leur univers, sauf qu'ils essayent maintenant simplement de se rapprocher de Marvel qui a déjà un style propre et qui a, à son époque, offert quelque chose d'unique.
La réalisation ne parvient même pas à relever le tout, les séquences de combats ressembles à des cinématiques des jeux Injustice, on ne comprend pas où l'on se trouve, les visuels sont moches (coucou Atlantis), les CGI sont mauvais et puent le fond vert à 10km. C'est marrant aussi de voir que tous les films DC jusqu'à maintenant repose sur le même principe : on commence par poser le peu d'histoire qu'on a, puis en deuxième parti ça devient une fête de CGI étincelants qui pétent de partout, c'est moche, c'est vide, ça perd tout sens et à force de vouloir toujours en faire trop on perd le côté grandiose des scènes (Pour moi le meilleur exemple de ce qu'il faut faire c'est la saison 1 de True Detective, c'est très lent, très posé, mais quand on a une scène d'action, un truc un peu dynamique, ça devient absolument dantesque, j'ai plus pris mon pied à la fin de l'épisode 4 que dans tout le DCCU, parce qu'à un moment il faut savoir s'arrêter et proposer autre chose que simplement des combats vains).
Justice League est un mauvais film, qui ne parvient pas à trouver sa place dans un univers déjà trop plein de défauts, un film sans ambition, sans ampleurs, déjà techniquement dépassé qui ne propose rien d'autre qu'une bouillie de baston, ni jouissive, ni belles, ni forte, ni intéressante. Il aurait pu faire changer les avis sur le DCCU, mais Justice League ne finit rien, ne lance rien, il est juste là, il existe.