Et on débute l’année avec un nouveau Miyazaki, que j’ai apprécié. Probablement au même niveau que Totoro : ce n’est pas l’énorme coup de cœur comme j’ai pu avoir avec Mononoke ou Le Château ambulant, mais ce n’est pas la déception non plus du Château dans le ciel. Plus que l’histoire, c’est surtout l’atmosphère générale que dégage ce film que j’ai aimé. Outre Tombo, un peu lourdingue sur les bords par moment et beaucoup trop enfantin/immature par rapport au reste (et ce n’est pas le premier de ce type), j’ai beaucoup accroché aux différents personnages, dont bien sûr Kiki (extrêmement débrouillarde et dans la lignée des héroïnes de Miyazaki), mais aussi Osono, Ursula (qui est extrêmement inspirante en tant que personnage mais aussi que personnage féminin), la vieille dame, mais surtout Jiji, qui vole presque la vedette dans la première moitié du film.
Le film est plutôt bien rythmé, et bien construit, même si on repasse par les étapes classiques avec la découverte, la mise en place, le début d’une routine, puis les difficultés. Ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est que Kiki résout elle-même ses problèmes, elle trouve elle-même les solutions et n’hésite pas à donner de sa personne pour arriver. Bon après, je dois admettre que l’idée d’exploiter le travail d’une fille de 13 ans m’a un peu dérangé au début, mais ça s’intègre plutôt bien dans le contexte de l’univers. Ce n’est pas forcément le Miyazaki dont j’ai le plus entendu parler, et pourtant je trouve que c’est l’un des plus efficaces dans la construction de ses personnages et les messages qu’ils véhiculent.
Puis même si on trouve dans un univers fantastique, avec de la magie, au final cet aspect est à la fois partie intégrante de l’univers mais aussi très discret. C’est ce que j’ai beaucoup apprécié, le fait que tout s’emboîte assez naturellement sans que pour autant ça ne paraisse pas étrange que les gens ne soient pas surpris par la magie. Certes, j’aurais bien aimé que les règles de ce côté soient plus exploitées (pourquoi une sorcière par ville, pourquoi que des sorcières, pourquoi ne sont-elles spécialisées que dans un domaine…), mais ça donne une partie de mystère et comme je le disais, ça ne turlupine pas tant que ça car le film et son intrigue sont construits pour être indépendants et fonctionner sans ces données.
En fait, le seul petit regret que j’ai sur le film, c’est comment le personnage de Jiji est relégué au second, voire troisième rang, à la fin du film (même si le changement s’explique par le changement qui s’effectue chez Kiki), et la conclusion assez abrupte : on coupe au milieu de la célébration, sans savoir du coup si Kiki peut reparler à Jiji ou si cela fait partie de la formation, si elle va construire un autre balai et rendre celui qu’elle a emprunté, et d’autres interrogations de ce genre. En soit, ce n’est pas dommageable au film lui-même, mais montre que j’ai plutôt été investi dans les intrigues. Donc ce n’est pas tant un reproche.
Bon et puis, j’ai failli oublier, mais la musique est une fois de plus brillante, notamment avec les différents thèmes développés pour chaque personnage et situations (ce que je n’avais pas forcément remarqué dans les précédents films), et c’est super ! Quant à l’animation, bien sûr le film commence à afficher trente ans, mais elle est superbe. Si les dessins sont fins mais simpliste, les décors sont sublimes et, surtout, le déplacement des personnages au sein de ces décors (avec parfois un peu de mise en scène) est vraiment très bien maîtrisé ! C’est très fluide et réaliste, qu’on pourrait presque croire regarder un film !
Bref, j’ai beaucoup aimé Kiki la petite sorcière. Et c’est sans doute un des Miyazaki sur lequel je retournerai plus volontiers, non pas parce qu’il a encore plein de choses à y découvrir, mais parce que son ambiance, son atmosphère, son univers ont quelque chose d’à la fois apaisant et rassurant sur l’humain.