Kingsman est de retour après un premier opus fort sympathique et surtout amenant un vent de fraicheur bien décalé. Un succès et incontestablement une adaptation de comics réussie en plus pour Mark Millar...
We're from the Kingsman tailor shop in London, maybe you've heard of us.
La suite est plus mitigée quant à elle. Certes le film reste un divertissement sympathique et même drôle à certains moments mais l'originalité est quant à elle bien disparue. Je comparerais le 1er Kingsman au premier volet de Men In Black. Un personnage décalé amène un vent de fraicheur et une restructuration au sein d'un univers plein de mystères et tenu secret. C'est aussi comme cela que le personnage générait une forte empathie aux yeux du spectateurs, en défonçant la porte d'entrée d'une maisonnée dans laquelle il n'a pas sa place. On pouvait s'identifier à cela. Dans cette suite, les personnages tant principaux que secondaires ne sont absolument plus développés. Et ça, c'est un gâchis phénoménal à mon sens. On n'a déjà plus la surprise de cette organisation secrète veillant à pacifier la terre... mais sans développement des personnages, on n'est pas touché parce qu'ils vivent et donc on perd l'intérêt de leur (triste?) sort.
Et ce n'est pas son homologue américain n'apportant finalement que bien peu d'originalité supplémentaire qui sauvera le spectateur.
Il ne reste donc plus grand-chose à cette suite pour nous scotcher à nos petits fauteuils rembourrés. Julianne Moore est excellente dans son rôle de vilaine un peu timbrée et d'une logique implacable mais son rôle n'est que peu étoffé dans l'écriture et finalement elle reste analogue à ce que faisait Samuel L. Jackson précédemment tant dans le comportement psychopathement hilarant que dans sa prise d'otage géante. Cela aurait été sympa de lui avoir concocté une origin story rendant le rôle plus consistant...
Ensuite on a une tonne de personnages secondaires venant s'ajouter tant bien que mal dans le script et ne servant pas à grand-chose à l'histoire. C'est le cas de la plus inutile que jamais Halle Berry, de Channing Tatum qui passera son temps allongé, de Jeff Bridges qui ne révèlera pas ses talents certainement particuliers ou même d'Elton John qui doit être sérieusement en manque de liquidités pour se prêter à tout cela (bien que c'est le plus utile de la bande citée précédemment). Seul Pedro Pascal (aka Prince Oberyn) semble inscrit correctement dans l'histoire et vole même la vedette au héros pendant quasi tout le récit.
Avant d'être éliminé de la carte un peu trop rapidement sans compassion aucune...
If you save the world, I'll get you a backstage pass, baby.
L'action y est toujours réalisée avec brio mais bien qu'offrant du spectaculaire, elle n'offre rien qui laisse un sentiment novateur au fond du gosier. L'emploi d'effets spéciaux était également un peu too much à mon goût... Mais saluons néanmoins la chorégraphie des scènes qui sans faire dans le compliqué est parfaitement suivie par un mouvement de caméra toujours bien en place.
Le film a quelques longueurs mais rien de bien grave, rassurez-vous. Par contre le script qui se débrouille bien en début de film atteint vite ses limites et nous pond une fin poussive...
Le sacrifice de Merlin ne servait à rien... Il faut bien le reconnaitre... Pour neutraliser 4 petits gardes de merde.... Et parlons en de la garde. La meuf est à la tête d'un empire illégal lui ayant rapporté 250 milliards rien que sur l'exercice financier del'année dernière et sa forteresse secrète est surveillée par 4 clampins gardant une entrée sans même un portail de protection... Une fois, cette sécurité passée, il reste quoi, deux-trois clampins supplémentaires et 3 petits robots... On était en droit d'attendre mieux tout de même. Mais surtout, SURTOUT, pourquoi faire revenir à la vie Harry (Colin Firth)??? C'est tellement ancré dans les comics que la mort d'un personnage important n'est jamais définitive que cela lasse même les lecteurs quand le retour d'un héros se fait à des années d'intervalle! Mais alors d'un volet à l'autre pour un film (même Fast N Furious a laissé un épisode entre la mort et la résurrection de Michelle Rodriguez), ça annihile complètement l'effet dramatique de la scène marquante du premier volet. C'est un peu dommage, d'autant plus que le personnage n'était pas foncièrement nécessaire pour faire avancer l'intrigue...
Bref, les bons sentiments, le plaisir de retrouver des personnages marquants et l'humour sauvent le film pour en faire un divertissement convenable et une suite qui ravira les fans du premiers opus... Mais pour les autres, il ne restera qu'un divertissement classique, bien fait mais sans impact particulier.