Alliant la naïveté la plus pure dans le regard avec le recul de l'humour, le film balaye tous les états d'un rite de ses manifestations les plus débiles (mode, charlatanisme) avec leurs conséquences parfois tragiques (un charlatan obligé de se confronter à la réalité de son orgueil y perdra la vie...) ou dangereuses (des médiums au bord de l'auto-mutilation sous les coups d'une transe théâtrale devenue "réelle"...) jusqu'à ces manifestations les plus mesurées, ritualisées et dont la fonction sociale d'évacuation de l'agressivité, de création de lien est avérée et portée à une certaine perfection artistique (utilisation de certains aspects par l'Opéra de Pékin) ou psychique.
Contrairement à "Vaudou", il souffre cependant d'un certain manque de rigueur - les séquences s'additionnant les unes aux autres sans réelle explication ou nécessité d'ordre - et d'une musique qui tient elle aussi des manifestations les plus débiles de modes très occidentales...
Tableau finalement assez complet et honnête, King-fu wu-su, comme Vaudou le faisait par moments, révèle entre autres choses la frêle différence qui existe au sein de toute manifestation rituelle entre la possibilité de cultiver les élans les plus nobles et les plus nécessaires et une tentation irrésistible pour tous les charlatans avides de pouvoir sur les autres.