Après être clairement devenu une star du cinéma d'action, Sylvester Stallone a commencé à prendre des risques dans les années 90, notamment avec deux comédies pas franchement bien reçues : L'Embrouille est dans le sac et Arrête ou ma mère va tirer. La première, réalisée par le roi de la comédie John Landis, est en réalité le remake d'Oscar, comédie déjantée avec Louis de Funès elle-même basée sur la pièce éponyme de Claude Magnier. Transposé dans le New-York des années 30, le remake conserve néanmoins toute l'intrigue originelle et nous la ressort avec quelques nouveautés...
En premier lieu, le héros n'est plus un promoteur immobilier fortuné mais un gangster récemment reconverti en honnête banquier mais qui a tout de même du mal à se séparer de sa nature première (ne parlons même pas de ses acolytes). Décors luxuriants, personnages atypiques, costumes de haute couture... Tous les moyens sont là pour faire du film un véritable remake américain. L'histoire reste donc la même, avec une série de quiproquos et de situations burlesques où notre héros va s'emmêler dans une affaire de chantage à gros sous, de mariage arrangé pour sa fille, de rendez-vous impossible à tenir et de bijoux en vadrouille, le tout surveillé par une police aux aguets.
Bordélique et sans temps mort, le vaudeville arrive toutefois à rester drôle et dynamique, surtout grâce à l'histoire déjantée imaginée par Magnier. Stallone campe ainsi à merveille ce gangster prêt à se ranger des affaires, finalement à l'aise dans la comédie aux côtés de Ornella Muti, Marisa Tomei, Tim Curry, Martin Ferrero et Harry Shearer (truculents en couturiers italiens) et Peter Riegert. Pas vraiment hilarant mais bien mené et bien écrit, L'Embrouille est dans le sac est donc une petite réussite dans le genre et un remake bienvenu qui, sans surpasser le film d'Édouard Molinaro, parvient à changer de décor à la perfection. Amusant mais pas indispensable.