"Morella" magnifique, "Chat noir" quasi génial, "Valdemar" en bonus
Roger Corman est un personnage capital dans l'Histoire du cinéma américain, pas seulement pour la cinquantaine de films qu'il a tourné, souvent dans le cadre du « bis », mais également pour la ribambelle de talents qu'il a élevés vers la gloire. En tant que réalisateur, sa période la plus célèbre est celle des adaptations de Poe avec Vincent Price, entre 1961 et 1965. Tales of Terror est la quatrième sur huit et a la particularité d'être un films à sketches, proposant trois films en un.
Le premier, Morella, est un drame psychologique extrêmement grave. Huis-clos auprès d'une famille d'aristocrates au crépuscule, il montre une femme de 26 ans revenant chez son père, lequel a conservé le cadavre de sa défunte épouse. Le spectacle est adulte, très rude et avare en effets. Le deuxième film est le plus remarquable. C'est une des nombreuses déclinaisons de la nouvelle Le chat noir. Corman l'envisage sous un angle tragi-comique et agressif. Cette fois Price tombe sur plus malsain que lui et le personnage central est Peter Lorre (le criminel au regard exorbité dans M le Maudit).
Pour ce vieil ivrogne cocufié, il y aura trop de tourments et d'animaux envahissants sur la route du crime parfait. Cet épisode est original et brillant, guilleret et pourtant très 'cru' sur le fond, tendu, un vrai plaisir ; et un moyen-métrage assez génial. Corman s'autorise quelques audaces sonores et une scène de cauchemar enveloppée de flou. Puis l'adaptation de La vérité sur le cas de M.Valdemar referme le film. Vincent Price y joue un homme gravement malade, qui s'est engagé pour la science en acceptant d'être hypnotisé sur son lit de mort. C'est très bon, mais néanmoins le plus classique de la collection et ça s'achève de façon trop abrupte.
Ce film à sketches est une nouvelle réussite artistique pour le tandem Corman/Price, même si l'heure est moins solennelle que pour La chambre des tortures ou La malédiction d'Arkham. L'épouvante et les mœurs tordues font bon ménage. Les effets horrifiques sont parfois moins raffinés que dans les autres opus de la collection Poe, mais L'empire de la terreur épate lui aussi par ses décors, sa préciosité, son ambiance sombre et néanmoins ludique. C'est ce qu'étouffera quelques mois plus tard Le Corbeau, dans lequel l'avantage est donné à la farce. Cet opus-ci est pourtant bien plus drôle grâce à ce second segment, notamment grâce aux simagrées de Price en œnologue charmeur et guindé.
http://www.senscritique.com/film/L_enterre_vivant/critique/44618005 1962
http://www.senscritique.com/film/L_Empire_de_la_terreur/critique/44378336 1962
http://www.senscritique.com/film/Le_Corbeau/critique/44331253 1963
http://www.senscritique.com/film/Le_Masque_de_la_mort_rouge/critique/33738331 1964
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