Après avoir vu La vie est belle de Frank Capra, je dois bien avouer que j'attendais énormément de ce cinéaste pour ses autres films. On est ici dans un schéma classique du cinéaste américain avec une personne qui va se trouver totalement transformée par une ambition politique mais aussi à cause des personnes qu'ils côtoient et qui vont l'obliger à aller à l'encontre de ses traditionnelles idées. Capra s'attaque une nouvelle fois au milieu politique et à l'envers du décor de ce dernier.
Sauf que c'est quand même très moyen. Premièrement, il y a énormément de discussions totalement inutiles. C'est bavard, quasiment sans arrêt. Résultat, le téléspectateur s'ennuie pas mal devant tant de discussions. On dirait que Capra devait atteindre plus de deux heures avec ce film, quitte à ne pas aller à l'essentiel. Et puis, sur les thèmes abordés, et bien le cinéaste s'y était déjà attaqué avec L'homme de la rue. Si ce dernier n'était pas exempt de défauts, il faut quand même reconnaître qu'il est de bonne qualité. Pas de chance pour L'enjeu qui fait donc difficilement le poids contre ça.
Mais reconnaissons-le aussi, il y a quand même des qualités à cette oeuvre. Primo, on retrouve des thèmes très intéressant et déjà abordé par Capra comme l'ascension, la gloire, la chute et la rédemption d'une personne. Preuve que le film n'est pas vide de sens. Ensuite, Capra s'attache une fois de plus à des thèmes beaucoup plus universels comme la paix dans le monde et l'égalité entre les peuples. Parfois, on pourrait voir en Capra un communiste convaincu, ce qui est déjà dangereux à cette époque aux USA même si on n'est pas encore dans le plus fort de la Guerre Froide, si le cinéaste ne disait pas que toute forme d'extrémisme, fascisme comme communisme, n'étais pas dangereux pour la société humaine. Et puis, il faut quand même avouer qu'il y a quelques scènes drôles et que le final de l'oeuvre est plutôt digne. Du côté des acteurs, je n'ai rien à redire non plus, il sont tous corrects avec toujours une Angela Lansbury qui me surprend dans des rôles de méchantes ou de manipulatrices (il faut absolument que j'élimine cette image que j'ai eu avec L'apprentie sorcière).
Mais au final, on peut dire qu'on est dans un Capra très mineur et assez dispensable car dans l'ensemble, c'est quelque chose que le cinéaste a déjà fait et de bien meilleure manière.