L'Odyssée de Pi par Salboy
« Life Of Pi » est l’adaptation d’un roman à succès de Yann Martel que beaucoup pensaient être intransposable au cinéma, Ang Lee a réussi néanmoins à en faire un superbe film hollywoodien réunissant beauté des images et paysages, une utilisation incroyable de la 3D, une bande son magistrale collant très bien à l’exotisme qui se dégage de l’oeuvre mais très accessible à un public occidental (par l’utilisation permanente de l’anglais même si le héros est indien), enfin le film se révèle être également une expérience spirituelle qui, comme l’annonce le narrateur du film : « vous fera croire en Dieu ».
L’histoire débute au sein d’une famille indienne aisée de Pondichéry tenant un zoo, le plus jeune nommé Piscine d’après la signification française, est sujet de moquerie à l’école à cause de la connotation de son patronyme avec Pissing, qui signifie pisser en anglais. Il démontre alors une volonté incroyable de changer les choses en faisant accepter le surnom Pi à ses camarades, pour cela il mémorise un nombre important de chiffres constituant le nombre Pi (3,14…), on est ici en présence d’un jeune garçon qui ne se pose pas de limites, pour preuve, bercé dans une société aux religions multiples, il choisit d’observer à la fois les principes de l’hindouisme, le christianisme et l’islam pour selon ses dires mieux connaitre Dieu.
Vient alors le jour ou le zoo fait faillite, la famille de Pi décide d’émigrer au Canada en transportant tout leurs animaux destinés à la vente. Durant le voyage, le bateau fait naufrage, Pi se retrouve alors perdu au milieu de la mer en compagnie d’un zèbre, un Orang-outang, une hyène et surtout un tigre nommé curieusement Richard Parker. Richard Parker n’est pas un tigre fantaisiste tel qu’on pourrait en rencontrer dans un Disney, c’est une bête sauvage qui n’hésite pas à tuer pour se nourrir. Notre héros Pi devra alors apprendre à survivre en compagnie de cette bête, et créer une relation de confiance basée sur l’entraide et la maitrise des instincts de l’animal. Une manière étonnante du roman et du film pour décrire les rapports pouvant exister entre hommes et animaux sauvages.
Il m’est difficile d’approfondir l’aspect spirituel du film sans entrer dans les détails de l’intrigue, du scénario, et vous gâcher ainsi votre plaisir. Tout ce que je peux dire, c’est que la spiritualité se construit en grande partie autour de la personnalité du personnage principal, joué de manière tout à fait satisfaisante par Suraj Sharma. Pi voit sa foi testée en permanence au travers des différentes épreuves qu’il subira, et sa certitude qu’il peut créer un véritable rapport avec le tigre, et que ce dernier est plus qu’un être sanguinaire irrationnel mais une créature de Dieu avec une âme. Je pense qu’ici une comparaison avec le récit biblique de Noé ne semblera pas incongrue.
Malgré ce que j’ai énoncé au début, le but du film n’a absolument la prétention pas de vous raconter une histoire qui vous ferait croire en Dieu, au final, la décision vous revient entièrement, chose que vous constaterez à l’issue de ce film captivant. En ce qui me concerne, ma décision est qu’il s’agit d’un des meilleurs films de 2012, j’ai rarement observé une utilisation de la 3D aussi remarquable, encore meilleures que pour « Avatar » ou « Final Fantasy : Advent Children », Ang Lee a ainsi crée des images ne méritant d’être vues que sur un écran de salle de cinéma.