"La Dernière Vague" est sans nul doute, l'un des récits les plus emblématiques de la pensée écologiste des années 70 au cinéma, bien avant les donneurs de leçons actuels. Alors que l'Australie subit d'étranges phénomènes météorologiques, cinq Aborigènes sont arrêtés pour l'assassinat de l'un d'entre eux dans une ruelle de Sidney. Evidemment, pour les autorités locales, il n'y a aucun lien possible entre le meurtre et ce dérèglement climatique. C'est alors que David Burton (Richard Chamberlain), avocat, accepte de défendre les cinq prévenus. Peu à peu, Burton - au contact du jeune Chris Lee (David Gulpilil) - est la proie de cauchemars récurrents. Très vite, le juriste comprend qui l'a affaire à un meurtre rituel. Porté par l'aura mystérieuse de David Gulpilil ("Walkabout", "Crocodile Dundee") - qui est à la ozploitation (le cinéma australien), ce que Cathy Freeman est au sport, un emblème de la nation aborigène - le film de Peter Weir peut se lire comme une mise en garde à l'encontre de nos sociétés et du bien-fondé de notre modernisme, en particulier par l'appropriation de territoires ancestraux, en contradiction avec les croyances et les interactions des Aborigènes avec la "Terre nourricière". Certains y verront un essai civilisationnel pompeux - le film est parfois difficile d'accès - pour ma part, j'y vois plutôt une fable humaniste et philosophique à l'orée du fantastique sur la préciosité de notre environnement et des sacrifices que l'Homme est prêt à consentir pour le sauvegarder.