La critique complète du film : http://cinecinephile.com/la-nonne-realise-par-corin-hardy-sortie-de-seance-cinema/
L’univers cinématographique de la saga Conjuring contient son lot de bons et de mauvais films. Des excellents Conjuring et Conjuring 2 : Le Cas Enfield de James Wan, cinéaste ayant définitivement relancé un cinéma d’épouvante à l’ancienne reposant sur la terreur inconsciente et psychologique avec des jumpscares intelligents et bien pensés, à un film bien plus oubliable tel que le Annabelle de John R. Leonitti qui ne faisait que recycler la poupée terrifiante du film de James Wan pour en faire le produit dérivé d’un film aux jumpscares putassiers. Il faudra attendre une suite, Annabelle 2 : La création du mal de David F. Sandberg, petit protégé de James Wan et réalisateur de l’original Dans le noir pour que la poupée reprenne ses lettres de noblesse dans un film qui s’il n’est pas exempte de défauts, loin de là, possède quelques idées de terreurs assez proche du cinéma de son mentor James Wan.
Le « Conjuring Universe » est donc partagé entre des films originaux avec une réelle patte de cinéaste qui distille l’horreur de manière intelligente et des mauvais films qui ne font qu’estampiller le bestiaire horrifique de son auteur pour dans certains cas le massacrer et détruire tout ce qui rend terrifiant ces créatures démoniaques à la base bien pensées. L’annonce d’un spin-off consacré à Valak, la terrifiante nonne du second Conjuring, avait de quoi nous inquiéter. Et étrangement, La Nonne apparaît comme un épisode un peu schizophrène, divisé entre ce qui représente le pire de l’univers étendu des Conjuring et ce qui représente les morceaux de bravoure d’un David F. Sandberg aux commandes d’une suite meilleure que son prédécesseur, chose peu difficile évidemment.
[...] Mais pourtant, aussi nanardesque que soit le film de Corin Hardy dans ses jumpscares putassiers où la nonne apparaît dans un coin du cadre sans cesse, dans son écriture caricatural qui pourrait faire passer le long-métrage pour une propagande de l’église catholique incitant à la prière tellement la foi en dieu est mise en avant comme l’arme absolue contre le mal, il faut reconnaître à La Nonne certaines fulgurances visuelles de pure série B / Z d’exploitation, tout droit sortie de l’imagination de l’artisan habile qu’est James Wan (l’ombre de la Nonne filmée en plan séquence sur les murs d’une église qui met le spectateur dans une attente insupportable), des visions horrifiques auxquelles le numérique donne vie qui, certes d’une certaine laideur on vous l’accorde, donne à La Nonne des morceaux de bravoure de mise en scène qui en font ce que l’on pourrait appeler un plaisir coupable, un nanar au dessus du navet Annabelle, mais pas encore au niveau d’un bon spin-off horrifique digne des films de James Wan, comme David F. Sandberg avait pu nous offrir, en bon faiseur, avec Annabelle 2. La Nonne est un film d’épouvante qui se regarde comme un bon plaisir coupable, un petit nanar du samedi soir, pas si loin de la bonne série B de genre, ce qui laisse un bon espoir au Conjuring Universe qui n’est pas totalement perdu, du moins pour le moment.