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En sortant de la salle, Langue étrangère peut laisser un sentiment de perplexité. Cela est dû aux nombreuses thématiques que le film aborde. Il lance en effet des pistes diverses, des possibilités dans lesquelles il semble finalement ne jamais vraiment s’aventurer – ou presque en rêve. Mais en y repensant, cette multiplicité se crée en parallèle de ses deux personnages. Machine et machine sont deux jeunes filles débordant d’envies, de colère, de révolte. La question que le film leur pose, c’est vers qui cette révolte et cette colère se tournent-elles ? Comment se manifestent-elles ? Et à quel prix ?
Écologie, politique, blacks blocs, manifestation, migration, … Les thématiques abordées sont des sujets sensibles de notre époque actuelle, qui trouvent une résonance particulière chez les plus jeunes. Les frustrations multiples, la confrontation avec les parents, la découverte de soi, toutes ces étapes de vie sont un chamboulement tant dans le corps que dans l’esprit, dans au niveau personnel que dans un cadre plus social. Se découvrir et découvrir l’autre, c’est aussi se confronter aux idées, aux idéaux, aux sujets d’actualité.
Au cœur de rebondissements et chocs culturels et sociaux, une relation très touchante se tisse entre deux personnages qui ne voulaient au départ certainement pas se rencontrer. Leur lien pourtant est déjà là, débordant de maladresses, de frontières, de réticences qui s’étiolent peu à peu, de même que les masques et les mensonges.
Reste alors l’amour, jeune et salvateur.
Les deux actrices, Josefa Heinsius et Lilith Grasmug, offrent un duo sincère à la performance remarquable, tout en retenue et en empathie avec les autres.