Curieux film, aucun des personnages ne sait ce qu’il veut être. Ils laissent les circonstances en décider. Les garçons sont des gamins immatures promptes à mettre des claques aux filles, inaptes à tout travail même s’ils se pensent artistes, ils se savent médiocres. Ils vivent aux crochets des femmes, ne sont pas fiers d’être effectivement des parasites et essaient d’y échapper par des comportements virils et imbéciles. Les femmes, elles travaillent, laissent faire ces imbéciles parce qu’elles le décident mais que … faute de mieux, il y a quelques satisfactions pour la chair. Elles surnagent dans cette époque sans perspective, sans avenir… Pas de slogan politique, pas de projets professionnels ou personnels, juste un peu de sexe pour la détente et encore… Le miracle du film de Toshiya Fujita et du scénario d’Atsushi Yamatoya est de rendre intéressant ce « rien » dans un quasi huis clos. On sent l’empathie envers ces personnages sans boussole et qui ne rejettent pas l’autre, celui qui est là par hasard et on mange joyeusement ensemble parce que l’autre finalement il peut être ton ami. Kaori Momoi (Etsuko) a une véritable présence dans le film tout en force et en fragilité. Hiroko Isayama (Yukie) est un peu plus en retrait. A noter que toutes deux ont aussi tourné avec Kumashiro. Maki Kawamura (l’hôtesse de bar) n’a ici qu’un rôle secondaire.
En fait, le film est une incitation à la chaleur humaine même maladroite.