Quand ces amis sont dans le besoin, Axel Foley répond toujours présent. Considéré comme l'épisode le plus violent de la trilogie, cet opus, ne lâchera pas sa marque de fabrique : humour, fusillades, courses poursuites et tchatche. Suite oblige, la recette on l’a connait connue. Et pourtant, l'arrivée en tant que réalisateur de Tony Scott, grand amateur de jeu d'ombres et de levés de soleil, change l’esthétisme de notre trilogie pour le moins surprenante…
Le film où le soleil mettait trois plombes à se lever
On se doutait qu'après un succès pareil, un Flic de Beverly Hills 2 arriverait très vite au cinéma. Deux ans après le premier opus, le second volet déboule. Une suite, c’est toujours dur à faire. Il faut le même film mais il ne faut pas qu’il soit le même. On veut la même énergie, le même humour, mais de façon différente. Après avoir terminé le tournage d’un certain Top Gun, Tony Scott va donc avoir la lourde tâche d’essayé de nous offrir une vraie suite, tout en évitant le piège de la copie conforme de son prédécesseur. Bien entendu, cette fois, moins d’originalité. Nous connaissons les personnages et les codes de la franchise, naviguons en terrain connu. Que peut-donc nous offrir de plus cet épisode 2 ?
L’énergie de Tony Scott, l’humour d’Eddie Murphy. Rien d’extraordinaire, rien de révolutionnaire, néanmoins, une comédie ayant du cœur accentuée par des scènes d’action impressionnantes, loin de ce que nous avait offert le premier opus.
L’équipe du film sait ce qui a fonctionné dans le un. Ils vont donc aller dans la même veine pour cet opus. Le truc c’est que l’effet de surprise c’est un peu estompé. Il va vous falloir vous armer de patience, attendre plus de 48minutes montre en main pour tomber sur quelque chose méritant le coup d’œil. Parce que franchement, depuis le début du film, c’est pratiquement le même acheminement que Le flic de Beverly Hills 1. Pendant ce temps, le soleil se lève…
Tu viens de bousiller un collègue ! Ouai je sais, je connais ce gars
là. C’est un con.
Et merde à Rambo
Le Flic de Beverly Hills 2, à l’avancement de l’intrigue, se voit un mélange du Flic de Beverly Hills 1 et 48heures. On navigue entre deux directions, nous appâtant avec des petites séquences d’action fun, et des petits moments déstressant où l’on se marre. Un Flic de Beverly Hills plus basé sur l’action et la tension que la comédie bien qu’elle demeure présente.
Axel Foley, notre flic marginal à la tchatche, au charme, à l’humour et au sourire inimitable, ne décevra pas. Eddie Murphy reste impliqué, ne lâche pas son style, son don pour l'improvisation. L'acteur sait qu'on attend de lui qu'il continue à nous montrer qu'il est culotté, bousculant les gens nombrilistes se prenant un peu trop au sérieux. Enchainant les gags, les répliques qui font mouche, tout en tenant comme un pro son flingue, l'humoriste retrouve ces nouveaux copains et ça, on est content.
Billy Rosewood et John Taggart reviennent. Seulement cette fois, les projecteurs seront un peu plus tournés sur Billy. De tous les personnages, Billy est celui qui évolue le plus dans ce film. Bye bye la bleusaille, le flic a fait son petit bout de chemin depuis qu'on l'a quitté, gagnant en assurance, éclipsant presque son partenaire blasé, celui qui lui a tout apprit. Ce véritable fan de flingues, de Rambo et de Cobra, se la pète, et on adore ça. Il sème la zizanie dans les rues en roulant en bétonneuse, se trimbale avec le même flingue que l’inspecteur Harry, s’infiltre discretos au manoir Playboy en compagnie d’Axel et Taggart.
Après avoir poursuivis Axel dans le un, Taggart et Rosewood se joignent au policier pour le meilleur et pour le pire. Une sorte de trois mousquetaires urbains et modernes. Au fil des années, nos personnages sont devenus copains, allant à la pêche ensemble. Quand Bogomil se fait tirer dessus, c’est donc logique qu’Axel débarque pour enquêter et retrouver l’assassin. Pendant ce temps, le soleil se lève toujours…
Jurgen Prochnow, le méchant agissant dans l'ombre, il est complexe, il a de l'épaisseur, il est froid. Charismatique certes mais ce ne sera pas le bad guy qui retiendra le plus notre attention. C’est une certaine Madame Stallone.
Madame Drago alias Brigitte Nielsen, prend la place d’une tueuse géante, blonde platine, semblant sortir tout droit d’un James Bond. La bad guy de cet opus n'ira pas de mains mortes avec les sceptiques pensant que la trilogie se tournerait vers le film familial. Bien qu'on n'innove pas vraiment, l'esthétisme et surtout la violence bousculent la routine.
Tony Scott, il aime les levés de soleil, et la poussière à donner cette impression de brume. Dans une ville où l’été est souvent caniculaire, la couleur orangé illustre parfaitement la température ressentie. Quant aux scènes d’action et aux musiques, elles sont dans le ton de Top Gun. Nerveuses, rock eighties, bref, Le flic de Beverly Hills passe à un niveau supérieur question divertissement. Seulement pas là où on pensait le retrouver. Pendant ce temps, le soleil n’a TOUJOURS pas fini de se lever…
Vous êtes de plus en plus comme moi les mecs. Un de ses quatre, vous
serez coiffé à l’afro avec de vraies kékettes et tout.
Au final, agréable moment pour Le flic de Beverly Hills 2 mais légère déception, la faute à un début peu original et longuet. Moins drôle que son prédécesseur, ce deuxième film misera davantage sur l’action pure que sur la comédie. Energique, mi-sérieux, mi-comique, acteurs et actrices impliqués, bonne humeur, prises de vues magnifiques, moins bon que le premier d’un point de vue comique et scénaristique, mais divertissant.