En 1969 une fratrie de trois ados et un enfant fuient l’Angleterre avec leur mère pour s’installer dans une maison américaine côtière complètement isolée, loin d’un père a priori monstrueux. Afin de ne pas être séparés par les services sociaux à la mort de la mère, l’ainé prend en charge les trois autres en attendant sa majorité, et tous quatre décident de se cacher jusqu’à cette échéance en s’excluant ainsi du monde. Les complications entrent en danse à partir de l’amitié ouverte avec une jeune fille de la lointaine maison voisine, avec la visite de l’avocat qui gère la légalité de la demeure, et bien sûr du père.
Les paysages asturiens, tant montagnards, forestiers que maritimes, m’ont particulièrement fait plaisir, à l’intérieur de la talentueuse progression de ce drame espagnol, plus psychologique qu’horrifique, incarné par un casting britannico-américain, probablement issu d’une échange de bons procédés de production. Entre la phobie des miroirs, les bruits inexpliqués, les objets qui bougent, l’impossibilité excessive de quitter les lieux, un fantôme de plus en plus manifeste qui hante le toit, la tension mentale et la soif de liberté des protagonistes ou les pseudo-fantasmes de l’enfant, une ambiance graduellement inquiétante nous est savamment dévoilée, dans cette prison domestique dont la fausse tranquillité menace d’engloutir le quatuor à tout moment. Même si on imagine assez vite le nœud de l’intrigue, la qualité principale se concentre dans la talentueuse mise en scène qui sait entretenir un halètement progressif et dévoiler au fil des retournements successifs le sombre passé et le fameux « secret » familial.