Les Blues Brothers sont d'abord un tandem, composé par Dan Aykroyd et John Belushi, comédiens et membres de l'émission Saturday Night Live de NBC. Leurs sketch musicaux vont bientôt impliquer des stars de la soul et un album est enregistré deux ans après la création du groupe (1978) ; il sera disque de platine. En 1980, John Landis (Le Loup-Garou de Londres, Hamburger Film Sandwich, Thriller pour Michael Jackson) est chargé de mettre en scène leur happening au cinéma. Pendant plus de deux heures où les hommes en noir mènent leur enquête (intrigue prétexte soporifique et occupant trop d'espace pour laisser place aux 'bons mots' des héros), des guest comme James Brown, Aretha Franklin ou Cab Calloway défilent pour des intermèdes survitaminés. Le film connaît un grand succès, fait passer à l'étranger et à la postérité les Blues Brothers.
Vu sous son meilleur angle, ce spectacle haut-en-couleur est un catalogue de 'tubes' euphorisants (notamment Think ou la reprise de Jailhouse rock). Peu importe la sensibilité du spectateur, dans tous les cas il faut lui accorder cette vertu 'objective'. Il le faut d'autant plus que le reste est désastreux voir embarrassant, mais sans dépareiller paradoxalement, du moins dans les nombreux moments d'effervescence. Certaines séquences sont presque désolantes en raison de leur vulgarité ou de leur appétence au contraste décérébrée, mais il n'y a pas de fossé entre le son excellent et le visuel pétrifiant. Car The Blues Brothers est un film stupide doté d'un humour de petits gamins ne tenant pas en place, avec une ironie de monocellulaire laborieux.
C'est un produit survolté, quoique sujet à quelques engourdissements (le restaurant, un des gros moments de vide) et volant trop bas. Sa nature de gentil petit programme familial empêche tout décollage honorable. L'énergie est amortie avant même d'éclater, sauf si elle peut s'épanouir dans un carcan simplet. Il y a bien une dimension destroy mais elle est anesthésiée et miteuse. L'ambiance est plombante et les gags totalement misérables, mais au moins le délire avec « la pingouine » règle toute potentielle ambiguïté dans l'esprit du spectateur, dès la treizième minute. Les dialogues sont stupides, pas attrayants ou malins, encore moins armés pour faire 'culte'. Les numéros nains sont compensés par d'autres plus éclatants, toujours ceux où la musique prend le plus de place ; les passages dévoué aux morceaux les plus célèbres sont de bons moments au milieu du désert. Pour mieux l'apprécier il faut prendre contact avec ce film en étant très jeune ou très niais.
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