Le Kouban est une des régions qui a le plus morflé avec l'Ukraine lors de la collectivisation des années 30 et les Cosaques ont été persécutés par le régime soviétique - tellement persécutés que nombre d'entre eux - pourtant très patriotes - ont préféré se jeter dans les bras des Allemands en 1941/1942.
Le cinéma stalinien alliant la propagande au déni, le cynisme à la naïveté, il était donc logique de choisir un tel lieu et de tels protagonistes pour mettre en scène une certaine idée du paradis socialiste, qui n'a absolument jamais existé, ni de près ni de loin. Par exemple, contrairement à ce que laisse entendre le film, quitter un Kolkhoze sous Staline vous emmenait au mieux au Goulag, parfois dans une fosse commune, toujours à la famine et aux marges de la société.
Ensuite, les paysans ont réellement été martyrisés par le régime soviétique, régime issu d'une faction d'intellos marxistes ultra-urbanisés et méprisant les campagnes. Classe sacrifiée au profit de l'industrialisation, et dans une moindre mesure au profit de la classe ouvrière - mais surtout au profit des apparatchiks (Trotsky ne racontait pas que des conneries) ; la faucille et le marteau, c'était surtout le knout et le marteau.
C'est donc particulièrement dégueulasse de la part du régime de mettre en scène des paysans heureux et bien dans leur Kolkhoze. Même constat donc que pour la Ligne Générale tournée 20 ans auparavant : oeuvre de propagande répugnante, et qui en prime, contrairement au film d'Eisenstein, n'a même pas l'excuse d'être un bel objet artistique formel. C'est d'une niaiserie à se cogner la tête contre les murs.
Toutefois, document historique incontournable d'une époque heureusement révolue. Non pas que tout soit parfait dans la Russie d'aujourd'hui (loin de là, très loin de là...), mais tout de même, y'a pas photo. Ceux qui prétendent le contraire ne savent tout simplement pas de quoi ils parlent.
le petit point cancel culture
Ah, la vie rêvée dans un Kolkhoze ! Cela vaut bien 10 points (nostalgiques) Philippe Poutou.