L'histoire entourant ce film est complètement folle, voire plus intéressante que les 1h48 qui suivent. A l'origine, c'est une production Howard Hughes, qui voulait exalter sa passion pour l'aviation : jusque là, c'est très bien. Pour ce faire, il se paie un casting de premier ordre avec John Wayne, la jeune Janet Leigh, et Joseph Von Sternberg à la réalisation, sans oublier le concours de l'armée de l'air américaine, pour un budget colossal à l'époque.
Sauf que l'obsession du producteur venant, celui-ci va travailler pendant HUIT ANNÉES sur le montage, afin de proposer toujours plus de scènes avec des avions de chasse, à tel point que le tournage datant de la fin 1949, le film sortira en 1957, à la chute du studio RKO, et dont Hughes refilera le bébé à Universal, pour un bide à l'arrivée : car le résultat est beaucoup trop tardif, en particulier des avions de chasse qui ont évolués entre-temps...
Pour parler du film en lui-même, il baigne dans l'ambiance Guerre Froide de l'époque, avec une pilote de chasse soviétique qui demande l'asile politique auprès des Américains. Ceux-ci demandent à John Wayne de la surveiller le temps de donner leur décision, car ils ont quelques doutes à son égard, mais entre-temps, l'amour va se mêler à tout ça.
Au vu des critiques mitigées, voire catastrophiques, que j'ai pu lire, je m'attendais honnêtement à pire, mais c'est en fait une comédie romantique sur deux personnes d'origines différentes, mais si l'un est totalement honnête dans ses intentions, l'autre peut cacher plus de secrets qu'elle ne le prétend.
De plus, j'aime bien voir ce versant romantique de John Wayne qu'il a trop rarement exploité au cinéma, avec des yeux très doux posés sur une Janet Leigh à se damner qui pour le coup s'est donnée un petit accent à rouler des r.
Cependant, il faut avouer l'ambiance de la Guerre Froide n'est guère restituée, nous sommes là dans une ambiance plus légère. J'en veux pour preuve la scène de déshabillage de Janet Leigh par les autorités pour voir si elle ne cache rien de compromettant où à chaque fois qu'elle ôte un habit, on entend un avion passer très près ; l'effet comique est dans le bruitage, qui donne l'impression d'entendre un sifflement.
Quant aux scènes aériennes, qui ne sont pas réalisées par Von Sternberg, ça assure le spectacle, avec cependant quelques surimpressions pour donner l'illusion que les acteurs sont bien en l'air alors que non.
Pour ce qui est du dernier film de Von Sternberg à être sorti en salles, j'avoue avoir passé un bon moment, surtout dans le côté histoire romantique, car on peut pas dire que la fin soit très recherchée.
Mais il a meilleure réputation que prévu, notamment John Wayne lui-même qui détesta le film.