Les Herbes folles par Chro
Par Vincent Malausa
Le plus beau film de Cannes 2009 ? Possible, tant ces Herbes folles brillent d'une fraîcheur et d'une intensité hors du commun. Il suffit de songer au cauchemar d'ennui à vous filer une sciatique proposé par un autre papy cannois (Haneke l'affreux et son putride Ruban blanc) pour mesurer combien nous importe ce nouveau Resnais.
Le pitch ? Adapté d'un roman de Christian Gailly (L'Incident), il est incontrôlable : une banale histoire de portefeuille volé qui déclenche une suite de réactions en chaîne, soit une banale intrigue de comédie dramatique à la Française qui se couvre, par la grâce des inventions et de la fantaisie de Resnais, d'une poudre fine onirique à nulle autre pareille. La chimie amoureuse (Azéma / Dussolier) et le style si haut perché du cinéaste, qui travaille ses décors naturels à la manière d'un petit théâtre maboul et multicolore, ouvrent des portes débouchant par intermittences sur l'enchantement le plus pur ou la mélancolie la plus glacée, à mi-chemin de la fluidité en roue libre d'On connaît la chanson et de la beauté livide et déchirante de Coeurs. Le terrain de jeu des Herbes folles est indéfinissable, troué par une infinité d'espace-temps étreignant le récit ou faisant résonner les scènes à la manière d'une suite d'affects et d'émotions rendus à leur plus simple expression. (...)
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