Je ne pensais pas m'attacher si facilement.
Et pourtant, dans cette fresque du crime organisé dépeinte par Scorcese, je me suis rendu compte que l'attachement ne venait pas avec le temps. L'attachement vient avec la sincérité, avec l'honnêteté et avec une pointe de vulnérabilité.
Ce film m'a bouleversé, tout simplement parce que c'est un condensé de vie, c'est une histoire crédible, avec son lot de malheurs, de banalités et parfois, juste le temps qu'on y prenne goût, de joie et de rires. Scorcese arrive en seulement deux heures et demie à narrer plusieurs années de doutes, de remords et de regrets, mais cela ne nous paraît jamais ni trop rapide, ni trop lent. Il prend le risque d'étaler son histoire dans le temps mais de ne nous montrer que les brusques sursauts, et pourtant, ça suffit à nous montrer l'évolution mesurée des personnages tout en nous tenant scotchés à l'écran, se rongeant les ongles jusqu'au sang. Car en effet, ici pas de brillant ni de lustre. Juste du sale boulot. Du genre qui laisse un goût amer dans la bouche et des pensées sombres au fond du crâne.
Je ne pensais pas m'attacher si facilement, et pourtant, j'ai eu l'impression de perdre quelqu'un de proche pendant ce film.