C'était quelconque mais regardable. Beaucoup trop long pour ce que ça a à raconter (rien), aussi l'ennui a-t-il très vite pointé le bout de son nez, mais le résultat n'est pas aussi honteux que l'interminable bordel en coulisses le laissait craindre. Alors comme prévu, ça ne fait absolument pas peur : si ce truc est un film d'horreur, alors c'est de l'horreur pour ados (et encore, particulièrement douillets), parce qu'il est complètement inoffensif. On s'est bien foutus de notre gueule (après, ça intéressait qui, en vrai, un film d'horreur dans l'univers X-Men ?), pour ne pas changer. Concrètement, les deux plans potentiellement angoissants (la petite copine cramée dans la piscine et le slenderman dentu) sont dans la bande-annonce. Et l'ambiance pas oppressante pour deux sous. Bref, l'horreur est aux abonnés absents.
N'ayant rien d'autre pour lui, le film repose finalement sur les seules épaules de ses cinq jeunes héros (les nouveaux mutants du titre). Et plus particulièrement de ses trois nanas. Et là, si je valide Anya Taylor-Joy (assez sympa dans un rôle - inédit pour elle je crois - de connasse de service) et la fraîchement débarquée à Hollywood Blu Hunt (que j'espère revoir un jour malgré le bide retentissant de sa première incursion cinématographique - ce film, ndlr), toutes les deux très biens ; la petite Maisie Williams, elle, ce n'est juste pas possible. Y'a vraiment rien qui va avec elle. J'ai déjà du mal en temps normal avec sa tête et sa silhouette de petit garçon, mais alors ils lui ont ici refilé une coupe et des sapes de merde ainsi que le rôle le plus ingrat de la troupe... mais aussi le pouvoir le plus ridicule visuellement (faut la voir avec ses oreilles poilues, ses dents pointues et ses griffes de loup quand elle s'énerve...). Bref, j'ai eu du mal, quoi. Quant aux deux mecs (inconnus au bataillon), ils sont eux plutôt insipides, mais ce sont eux deux qui, des cinq, apparaissent le moins à l'écran, donc tant mieux (ou tant pis, c'est selon).
Enfin, je trouve dommage que le film, qui à défaut de briller, tentait jusque-là de proposer autre chose que l'habituel train-train X-Men (que j'aime beaucoup au demeurant - enfin surtout quand c'est Singer à la barre), se vautre finalement dans son dernier quart d'heure dans l'habituelle bouillie full-CGI hélas à la mode dans le genre. Un dénouement plus intimiste, ou en tout cas moins spectaculaire et moins interchangeable, aurait été je pense bien plus adapté (et intéressant). Là, c'est la même tambouille numérique infâme et anonyme que chez tous leurs homologues Marvel et DC. Surtout que les pouvoirs sont d'une rare laideur et même complètement con en ce qui concerne le personnage d'Anya Taylor-Joy, dont l'un des pouvoirs (l'autre étant - si j'ai bien compris - de se téléporter) est quand même de faire apparaître une épée dans sa main et une armure le long de son bras : on est d'accord que ça n'a aucun foutu sens ? Fin bref. Après voir tenté l'originalité pendant une heure, le film rentre finalement sagement dans les clous pour le quart d'heure de feu d'artifice habituel. Et du coup, eh bien c'est un peu le goût qui reste en bouche à la fin.
Sortie par la toute petite porte pour la franchise X-Men version Fox, donc... Tout ça pour ça. Finalement, le running gag autour de la sortie (maintes fois repoussée) du film se sera avéré bien plus palpitant que le film en lui-même.