Ce film raconte comment une famille, dit une roulotte (un garçon, une fille, leur tante et les parents, va exploser après que le jeune homme présente son amie à ses parents...
Jean Cocteau reprend une pièce créée dix ans plus pour Jean Marais, lequel reprend son rôle ainsi que Gabrielle Dorziat, incarnant à nouveau la tante. Josette Day, connue pour avoir été la Belle de la Bête, joue l'amie de Marais, celle par qui le scandale va éclater.
Il en résulte un film qui ne cache pas ses origines théâtrales, où il n'y a seulement que cinq acteurs, et aucune scène d'extérieurs. Après, le plus reproche que j'y vois serait dans la présence de jean Marais. Non pas qu'il soit mauvais (quoiqu'il en fasse beaucoup), mais dans le fait qu'il ne peut pas jouer un jeune homme de 22 ans (son âge est dit) quand lui a 35 ans au moment du tournage ; ça apporte un côté Tanguy au scénario, voire un décalage complet avec l'histoire. On dirait que c'est un grand gamin, mais non, il est censé avoir 22 ans, ce qui devait fonctionner beaucoup dans la pièce de théatre, mise en scène en 1938.
Cocteau repose toute l'histoire sur sur la forte relation entre Marais et sa mère, que joue Yvonne de Bray, qu'il appelle Sophie, au lieu de Maman ! Ça n'est pas dit, mais on peut penser à une certaine forme d'inceste, tant cet amour semble fusionnel et met à l'écart le mari. Jusqu'à l'arrivée de cette jeune femme, dont Marais tombe amoureux, et qui provoque d'une part le scandale parce qu'il a découche une nuit, et d'autre part à cause d'un secret sur lequel le film repose et qui va contribuer à l'implosion de la cellule familiale.
Il en résulte un film curieux, enfermé sur lui-même, comme les personnages, et dont le dernier plan, issu d'un incident de tournage (!) va donner toute sa signification grâce à la voix off de Jean Cocteau lequel est le narrateur.