Il s’agit d’un documentaire, de facture classique, exposant de façon chronologique la vie de la peintre américaine (mais qui a beaucoup vécu en France, jusqu’à sa mort au Mesnil-Théribus dans l’Oise) Mary CASSATT (1844-1926), en y mêlant les interviews de spécialistes de cette artiste (uniquement des femmes !), des vues des villes fréquentées par l’artiste [quelques photos d’archives et des images actuelles (sic) de Philadelphie, de Parme, de Madrid ou de Paris] et ponctuées de scènes reconstituées (prise du thé, lecture du journal « Le Figaro », femme se brossant les cheveux) d’un intérêt discutable. Dommage que le sous-titrage contienne des mots tronqués (par manque d’espace à droite ?). Le film a le mérite de montrer les talents multiples de l’artiste [en ayant appris auprès des peintres Jean-Léon Jérôme (1824-1904) car l’école des Beaux-Arts était interdite alors aux femmes, Thomas Couture (1815-1879) puis Edgar Degas (1834-1917) qui a remarqué son tableau « Ida » (1874)] qui a, non seulement peint des femmes et des enfants (la société les cantonnant à la sphère familiale) [à quoi on la réduit souvent alors qu’elle est restée célibataire et sans enfants (mais on ne reproche pas à Raphaël (1483-1520) ou Michel-Ange (1475-1564), jamais mariés et sans descendance, de peindre des madones et des enfants !) mais aussi, a réalisé des gravures (pratique de l’aquatinte) et des estampes (suite à la visite d’une exposition sur les estampes japonaises). Son soutien aux suffragettes américaines [qui revendiquaient le droit de vote pour les femmes (adopté en 1919 aux Etats-Unis)] est souligné. Même si son œuvre a été sous-estimée (elle est plus portraitiste que paysagiste) par rapport à d’autres peintres impressionnistes, des hommes, dont certains parfois surestimés [Auguste Renoir (1841-1919), Claude Monet (1840-1926)], il n’est pas rappelé que cela n’est pas la première femme peintre : l’ont précédée Artemisia Gentileschi (1593-1656), Elisabeth Vigée Le Brun (1755-1842) et au XIXe s, Rosa Bonheur (1822-1899) et Berthe Morisot (1841-1895) pour n’en citer que quatre.