Un feu est blond aux yeux bleus, l'autre est brun est aux yeux noirs. Elles sont au bord du Lac de Genève et elles nourrissent les mouettes comme Max.
Le film commence d'abord sur leur deux visages souriants et malicieux. Et cela enchaîne avec des plans d'une grande et simple beauté. Trois dos en léger contre-jour contre la lumière, qui s'avère être celle d'un lac lorsque de chaque beauté y rentrent des barques. C'est entre autre cette alternance qui fait la grande réussite de ce film de Max Linder. Une fiction qui tombe amoureuse du documentaire, un homme qui semble profiter d'une rencontre magique pour faire un petit film de vacances. Il y a la légéreté aussi, des petits pas chassés, presque méchants même lorsqu'il s'amuse de la bagarre qu'il a créé entre un lecteur et une lectrice de banc, à cause d'une pomme de la discorde qu'il rattrape sans effort, comme protégé par la grâce. Et puis il y a cette leçon qu'il n'a pas prise - et tant mieux - depuis un autre court dans lequel son cœur balançait déjà entre deux sœurs ou cousines et à qui il ne trouvait rien de mieux (pour les besoins de l'intrigue, certes) que d'écrire deux fois le même mot d'amour (enfin, de flirt). Mais là, les situations sont amenées avec la maturité et la liberté du cinéaste et filmées de même. Et puis, il prend cette fois-ci une bonne leçon en la terminant dans la grande tradition du burlesque. Toute la palette de Linder y passe ici, sans démonstration, juste le bonheur de filmer, visages de femme ou surface miroitante du lac au crépuscule, contrejours, pirouettes, acrobaties, rires malicieux, etc...