"Les Mélodies du quartier de Veri" serait le premier "musical" soviétique. Musical au sens américain, mais au sens aussi film "enchanté" à la Demy. On y chante, on y danse avec cette même bonne humeur communicative que chez Demy (avec des danseurs moins au point, ce qui fait aussi le charme du truc).
L'actrice ? Sofiko Tchiaourelli, celle de "La couleur de la grenade", d'Achib Kerib, de la fortresse... Bref, l'actrice de Parajdanov (vue aussi dans Ne Gorguy, un Danielia).
L'acteur ? Le génial Vakhtang Kikabidze, énorme star là-bas, et en URSS. C'est lui qui joue dans tous les Danielia que j'aime : Mimino, Ne Gorguy, et ce qui est un de mes films préférés : Le garçon perdu.
Le réalisateur est celui du déjà réussi Pirosmani, Gueorgui Chenguelaia (à ne pas confondre avec Elda Chenguelaia, le réal des Montagnes bleues)
On retrouve aussi des acteurs ayant joué dans le Parapluie de Kobakhidze ou chez Abuladze, Iosseliani.
Pourquoi ce name dropping imbitable ? Parce que plus on avance dans ce cinéma géorgien, plus on rentre dans une toute petite famille, ou le musicien, le chef op, s'échangent, où les acteurs sont des amis d'enfance, où les décors sont les mêmes. Et on s'y sent bien dès le départ, on s'y sent de mieux en mieux ensuite.
Les mélodies du quartier de Véri est un petit film délicieux, un feel good movie à la géorgienne, bien enlevé. S'il à un petit coup de mou au 4/5ème du film quand il cherche la comédie par le cabotinage, celui-ci s'oublie vite tant le reste est du pur délice.
ça a le charme des musicals américains, de ceux de Donen ou Demy avec, en plus, ce côté bricolé, humain, qui emporte tout, comme le sourire des deux jeunes filles et celui de Kikabidze.
Donc, encore une fois : VIVE LE CINEMA GEORGIEN !