Difficile pour ce film d'avoir autant d'impact maintenant qu'en 1978. Adaptant l'histoire de William Hayes, emprisonné pour possession de haschich en Turquie, il y a cette volonté de montrer les conditions de vie barbares en prison, même si depuis, on a vu pire sur le sujet. Dans Midnight Express, on a même l’impression que William y trouve ses petites habitudes derrière ces barreaux souvent ouverts. Il plane néanmoins un certain malaise, du fait des dialogues en turc non sous-titrés qui oppressent dans l'incompréhension, et évidemment la musique de Moroder, avec un thème principal aux accords sombres et inconfortables, même si le synthé dénote avec certaines scènes. Côté réal, malgré quelques plans forts (et ce leitmotiv des portes qui se ferment), c'est assez classique. Brad Davis, par contre, honore le film d'une excellente prestation, atteignant son paroxysme dans la folie de la deuxième heure, car passé la scène d'intro, et quelques sursauts violents, on traîne un peu la patte pendant une heure avant d'atteindre le tournant fatidique du long-métrage.