Paperman
7.7
Paperman

Court-métrage d'animation de John Kahrs (2012)

Voir le film

...ou comment entretenir la nostalgie d'un certain romantisme

L'histoire en elle-même n'est pas du tout remarquable par sa créativité: une rencontre sur un quai de métro, un grand héros dégingandé qui s'éprend d'une belle (souffrant d'un manque d'observation assez remarquable qui l'empêche d'apercevoir les tentatives d'approche du protagoniste)...du déjà vu. Tout comme le coup de la communication entre deux façades d'immeubles, ces deux entités urbaines vides d'émotions mais contenant deux êtres tout prêts à aimer... Facile.
Et je n'aime pas qu'on se contente de jouer sur la corde sensible du public pour se faire bien voir. Une petite histoire aussi charmante: du tout cuit pour les spectateurs en mal de douceur, non ?

Il faut néanmoins reconnaitre deux qualités à ce court-métrage (ce qui, dans un rapport de proportion face à la durée de la production, n'est pas si mal): il ne nous fait pas perdre 2h de notre vie à délayer les topos romantiques comme certains films se le permettent, pervertissant par là même ce "je ne sais quoi" de charme* en une niaiserie sans nom. Son deuxième mérite réside d'ailleurs ici: pour ceux et celles qui sont sensibles à cette représentation du romantisme, ça fait réellement du bien de prendre 7min pour s'émouvoir. Faire l'expérience du charme. Ça nous change de ce monde de brutes, n'est-ce pas?

Attention, j'extrapole ici: n'allez pas croire que j'ai versé ma petite larmichette en voyant Paperman (contrairement à certaines...)! Mais je peux comprendre qu'on y soit sensible (d'où la note, pas si mauvaise que ça).
Personnellement, j'ai en fait été outrée par cette nouvelle production donnant encore une fois une image complètement passive de la femme, trop classique et idéalisée à mon goût. Et j'ai aussi passé deux minutes à me demander si *attention spoiler - enfin...rien de grave, vous pouvez y aller* le mouvement des avions en papier (vers la fin, quand celui avec la trace de rouge à lèvres met en mouvement les autres) était un clin d'oeil volontaire au début de Fantasia (quand le balai met en mouvement les autres objets)... Si jamais vous avez des éléments de réponse à m'apporter là dessus, je suis preneuse !



*je pense ici à ce qu'a pu dire Jankélévitch sur cette notion, si jamais ça intéresse particulièrement quelqu'un
tambourinegirl
6
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le 31 janv. 2013

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tambourinegirl

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